Je n’aime plus Noël

Je n’aime pas Noël.

Je n’aime plus le climat du mois de décembre. Pour faire court, depuis quelques années, j’ai réalisé que j’avais vieilli parce que je crains l’hiver, le froid, le manque de lumière. Quand j’étais plus jeune, la saison dure ne me faisait pas peur, au contraire. Maintenant je la vois arriver avec appréhension.

J’ai appris à me méfier du monde du travail au mois de décembre. Les gens sont affaiblis, et certains dirigeants en profitent pour abattre de mauvais coups et tenter de briser des individus. L’heure des bilans de fin d’année précipite parfois aussi des mauvais coups. Les fêtes de noël, pot de noël, repas de noël, sont des concentrés de faussetés dans des organisations déjà fausses. Comme le reste de l’année, en pire.

Mais surtout, je n’aime pas ce qu’est devenue la fête de Noël. Cette sorte de zénith de la société de consommation. La pression consumériste à son comble. Il faut acheter, il faut dépenser, il faut offrir, il faut entasser. Toujours plus. Et de moins en moins de sens.

Dans les familles, pendant que les enfants sont chauffés à blanc par la pression publicitaire, la télévision et les autres écrans, les adultes eux sont fatigués, et réagissent plus ou moins bien.

Je n’aime pas l’accumulation des cadeaux, des paquets. Avec la généralisation du commerce sur Internet, arrivent pour les enfants des cadeaux envoyés par des gens qu’on n’a parfois pas vu de l’année, qu’on ne verra peut-être pas l’année suivante. C’est absurde. Il vaudrait mieux qu’on se voit, qu’on se parle, qu’on échange. Le tas de colis dans ma cave me fait honte.

Et il y a de moins en moins d’émerveillement chez les enfants. Il n’y a plus de gratitude, il n’y a plus de joie. Ils savent en gros ce qu’ils veulent ou ce qu’ils vont avoir, ils l’attendent, ils exigent, ils sont prêts à protester en cas de déception. Les enfants ne sont plus que des consommateurs grincheux précoces, voilà ce que le système fait d’eux — avec ma complicité de parent dépassé, je le reconnais.

Je n’aime pas la pression des cadeaux de Noël. Des gens qui réclament des idées. Surtout pour moi. Moi, je ne veux rien. « Tu veux quoi ? » « Rien ! » « Tu peux pas dire ça ! » « Alors des livres, et surtout, le temps pour les lire. »

Ce qui manque le plus, c’est le temps. Si au moins les vacances de Noël pouvaient apporter un peu de temps disponible, pas bouffé par la fatigue, les microbes ou la digestion, j’allais dire, du temps ralenti …

Il parait qu’il y a encore des gens qui vivent au rythme des saisons — et qu’il y a quelques générations, la grande majorité des gens vivaient au rythme des saisons. Temps lent. Surtout en hiver. Biologique. Le froid ralentit. Les organismes ont du mal à suivre. Alors on ralentit. On ne va pas jusqu’à hiberner, comme le font les autres mammifères, mais on ralentit. On se pose. On reste au chaud. La nature est silencieuse, alors on évite le bruit. On se calme. On se ménage.

L’hystérie des Noëls consuméristes et hyper-matérialistes, c’est exactement le contraire. Une goutte d’hubris supplémentaire.

Je n’aime pas la société de consommation.

Bonne nuit.

Publicités
Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Je n’aime plus Noël

  1. Lisande dit :

    ça sent le gros coup de fatigue. En cette veillée de Noël, je ressens à l’instant la même chose : et je me retrouve ainsi sur le net quelques minutes pour me reposer, me changer les idées, reprendre du poil de la bête pour affronter la fête, profiter des gens présents. Courage! Dans l’apparente fausseté se trouve aussi quelque fois les personnes maladroites se raccrochant aux règles pour s’exprimer.

  2. Lilaetleloup dit :

    Tout à fait d’accord : cette période des fêtes avec ses listes de courses à rallonges rendrait plutôt agressif et stressé.
    Et où est parti l’émerveillement des enfants ? Ils déchirent voire déchiquettent les paquets cadeaux en deux minute chrono et se lassent de leur jouets en à peine plus. En ce qui nous concerne, on a drastiquement réduit la nombre de paquets pour redonner de l’importance à chacun mais c’est plus dur de limiter les grands-parents.
    Il faut réinventer Noël ! Et j’ai déjà deux ou trois idées 😉

Tous les commentaires seront les bienvenus.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s