Pistes de lecture

Comme toutes les fins de semaine, quelques pistes de lecture, avec peu ou pas de commentaires.

Si possible, j’essaie de rassembler des pistes passant par quelques mêmes lieux, tout en ouvrant vers des horizons différents. Je n’y arriverai pas toujours.

Jean-Claude Michéa, dans Ragemag (Paris), le 28 janvier 2013

D’un point de vue libéral, l’idée même de dette symbolique — ce que nous devons, par exemple, à nos parents, nos voisins ou nos amis — ne peut être comprise que dans sa dimension contraignante (il suffit de relire Adolphe de Benjamin Constant) et jamais dans ce qu’elle peut aussi avoir d’humainement enrichissant et donc d’émancipateur. C’est pourquoi, aux yeux des libéraux, l’individu ne saurait connaître de liberté effective que s’il parvient à s’arracher définitivement au monde étouffant des appartenances premières (on songe à tous ces films hollywoodiens qui diabolisent les modes de vie de l’ « Amérique profonde ») et à placer sa nouvelle existence — celle du self made man qui ne doit plus rien à personne — sous la seule protection tutélaire des mécanismes impersonnels du marché autorégulé et du droit procédural.

  • L’ingratitude est un thème très important dans ma compréhension du monde contemporain. Les « winners » du monde néo-libéral sont structurellement des grands ingrats. Ils prétendent ne devoir rien à personne, ni à leur éducation, ni à leur famille, ni à leurs relations, ni aux contextes, ni à la conjoncture, ni à leurs employés, ni à leur pays d’origine. Rien, rien, rien du tout. Tout leur est dû, mais ils ne doivent rien à personne. Et cette pathologie des grands prédateurs s’est diffusée partout dans notre société. J’y reviendrai probablement.

Michel Santi, dans La Tribune (Paris), le 15 janvier 2013

Après avoir enflé de multiples bulles spéculatives depuis le milieu des années 80, l’idéologie néo-libérale ravage donc aujourd’hui l’Europe, en imposant à travers le continent le feu de l’austérité et la folie destructrice des équilibres budgétaires. (…)

En fait, derrière ce débat technique, se dissimule une bataille autrement plus significative : un vrai choix de société. L’économie doit devenir un système social au service du citoyen. Et l’argent un simple instrument mis à disposition de ce système, qui doit être dosé avec pour seule préoccupation la prospérité collective. Voilà pourquoi, aujourd’hui, le néo-libéralisme n’est rien moins qu’une « relique barbare » !

  • Sans commentaires. Juste un rappel (fait par l’auteur au début de son article) : l’expression « relique barbare » est celle qu’utilisait Keynes à propos de l’étalon-or. Autre rappel : La Tribune n’est pas vraiment un brûlot d’extrême-gauche.

George Monbiot, dans The Guardian (Londres), le 14 janvier 2013

As I say, I have no dog in this race, except a belief that no one, in this sea of riches, should have to be poor. But staring dumbfounded at the lessons unlearned in Britain, Europe and the US, it strikes me that the entire structure of neoliberal thought is a fraud. The demands of the ultra-rich have been dressed up as sophisticated economic theory and applied regardless of the outcome. The complete failure of this world-scale experiment is no impediment to its repetition. This has nothing to do with economics. It has everything to do with power.

  • Un autre article du Guardian, daté du 26 novembre, expliquait plus en détail, comment la « science économique » a été au fil des dernières décennies méticuleusement corrompue pour devenir juste « a doctrine for helping the rich« . Et les riches sont devenus de plus en plus puissants, indécents et prédateurs.

Ivaïlo Ditchev, dans 24 Chasa (Sofia, Bulgarie), via PressEurop (Paris) le 3 décembre 2013

In my opinion, the main cause of the disintegration of national territories is the neoliberal logic holding that immediate economic benefit is the sole and universal criterion. Consequently, a country, region or even a city begins to think of itself as a business and to act selfishly in the global marketplace. The visible aspect of this process is the hardening of the identity discourse, which becomes more aggressive, even fascistic. (…) The new nationalism is defensive, and its symbols express the desire of a small group of rich to hide behind the walls of their castle, leaving those outside to their fate. Welcome to the Middle Ages!

  • Lire l’article en entier. Il met en perspective tous les bouillonnements séparatistes qui agitent de plus en plus l’Europe : derrière les apparences et le folklore, leur principal moteur n’est pas culturel, ethnique, religieux, il est l’égoïsme et le calcul de quelques petits groupes, riches et ingrats.

Bonne semaine.

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