J’aime les cartes

Billet écrit en temps contraint

J’aime les cartes.

Les cartes de géographie.

J’ai parlé l’autre jour du « Seigneur des Anneaux », une de mes oeuvres préférées. Je suis arrivé à ce livre par ses cartes, ce sont ses cartes, insérées en général à la fin de l’ouvrage, qui m’ont donné envie de le lire. J’ai très longuement contemplé les cartes de cet ouvrage dans l’édition qui était à la bibliothèque du collège. Avant toute autre chose, c’étaient ces cartes, ces quelques traits tirés sur le papier, qui m’avaient attiré, et qui avaient stimulé mon imagination. Les cartes ont précédé les mots.

Je ne me suis décidé à lire le livre qu’en classe de seconde. J’ai encore cette édition, achetée cette année-là, en livre de poche, elle n’est pas à la cave, elle est dans ma bibliothèque, elle est là, je l’ai sortie, l’odeur du papier n’a pas changé.

En fait, il n’y a que deux cartes, la grande carte de la Terre du Milieu dessinée par Christopher Tolkien, et une plus petite carte de la Comté. La grande carte apparaît en cinq instances à la fin de mon exemplaire de « La Communauté de l’Anneau », « Imprimé en France par Brodard et Taupin. Usine de La Flèche, le 22-08-1986  » . L’édition de la bibliothèque du collège était dans un format plus grand, les cartes rendaient mieux.

Je suis arrivé au « Seigneur des Anneaux » par les cartes, parce que j’ai toujours aimé les cartes.

Les cartes des atlas, avec des formalismes très variables. Les cartes routières Michelin de mon père, pour la plupart datées des années 1970s ou 1980s, au formalisme très homogène, que je trouvais élégant et indépassable. Des cartes Michelin de mes grands-parents, plus vieilles, avec des conventions typographiques différentes.

Plus tard il y a eu d’autres types de cartes — les cartes Rand McNally en Amérique du Nord, les grands plans de bus de banlieue de la RATP, les plans de domaines skiables, les plans des réseaux de transports en commun de quelques villes de France et d’Europe, etc. Les plans géographiquement exacts ou non. Toutes les sortes de cartes.

J’ai aimé les cartes dès mon plus jeune âge.

J’ai aimé les parcourir, y suivre le cours des rivières ou des routes, m’y perdre sans jamais être vraiment perdu.

J’ai aimé étant enfant essayer d’en reproduire, avec des crayons à papier, des stylos ou des crayons de couleurs. Je me souviens parfaitement d’heures passées à essayer de recopier telle carte Michelin — je ne dirais pas laquelle, prétexte anonymat sur où j’ai grandi.

J’ai aimé dessiner sur des cartes — et même sur des atlas, au grand dam de leurs propriétaires. Rajouter des routes, avec des ponts et des tunnels. Ou rajouter des canaux. Détourner des rivières. Transformer les lieux. Améliorer. Jouer à l’aménagement du territoire.

Et il m’est aussi d’arriver d’inventer des cartes. Comme un moyen de structurer l’imagination. J’ai longtemps pensé qu’il fallait forcément partir d’une carte. Peut-être une idée biblique, une version miniature de la Génèse, construire d’abord les océans et les montagnes, ensuite les vallées et les rivières et les forêts, et enfin planter des êtres vivants, des villes et des routes.

Il semble donc logique que les rares jeux vidéo auxquels j’ai jamais accroché sont SimCity et Civilization. Et quelques autres, oubliés. Populous. SimEarth. J’en oublie. Des jeux où on part d’une carte, qu’on découvre petit à petit, qu’on remplit comme on remplit une feuille blanche.

La carte permet de structurer l’imagination.

J’ai été presque surpris, au fil des années, de constater que les cartes insérées avec « Le Seigneur des Anneaux » sont l’exception. La plupart des oeuvres, notamment littéraires, la quasi-totalité des oeuvres sont fournies sans aucune carte. A charge pour l’imagination du lecteur de les imaginer, à partir de ce qui est dans les livres. Du reste, sauf erreur de ma part, les cartes du « Seigneur des Anneaux » n’étaient pas dans les premières éditions de l’oeuvre, elles ont dessinées bien après par Christopher Tolkien, le fils du maître. Les cartes n’ont pas précédé les mots.

Et pourtant c’est bien ce que j’ai dans la tête. Il faut une carte avant d’aller quelque part, il faut un plan avant de se lancer. C’est cette idée, ou ce faisceau d’idées, que j’ai essayé de dépasser quand je me suis lancé dans ce blog, comme j’ai essayé de l’expliquer au tout début. Et comme le souligne le sous-titre « Le chemin se fait en avançant ».

Je n’ai toujours pas de plan pour ce blog, mais je continuerai à parler de cartes dans de prochains billets.

Bonne nuit.

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Un commentaire pour J’aime les cartes

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