Lumière du début de l’automne

Billet écrit en temps contraint

Depuis plusieurs semaines, je médite d’écrire une sorte d’hommage à l’automne. Le temps file, et il sera bientôt trop tard, alors je me lance avec maladresse.

La période de l’année qui va de mi-septembre à mi-octobre est la période que je trouve la plus agréable. A titre personnel et pour la région où je vis depuis plus de dix ans, à savoir l’Île-de-France.

J’aime le mois de septembre parce qu’il peut être vu comme une page blanche, un commencement, une ouverture.

Et j’aime la deuxième moitié de septembre et les premières semaines d’octobre, parce qu’elles offrent encore quelques belles journées, lumineuses mais pas chaudes.

Terrible ambiguïté de l’automne. Terrible ambiguïté du mois d’octobre, qui hésite entre les plus belles journées de l’année et les avant-gardes de novembre.

J’aime la lumière du début de l’automne. Elle n’est pas écrasante, étouffante, suffocante, comme peut l’être la lumière de l’été notamment. Elle réchauffe sans brûler. Elle éclaire sans aveugler. C’est une lumière qui fait dialectique avec l’air frais et vivifiant, la lumière adoucit l’air froid, la lumière et l’air s’équilibrent et se complètent.

J’aime les couleurs du début de l’automne. Il n’y a pas que les arbres et la végétation. Evidemment, l’automne est plus beau dans les Côtes-d’Armor ou dans le Haut-Rhin, que dans le tas de béton compact appelé Île-de-France, à la même latitude. La beauté de l’automne passe d’abord par les couleurs des prairies, des arbres, des haies, des feuilles de toutes sortes, avec toutes les nuances du vert au jaune en passant par l’or, mais il n’y a pas que ça. Il y a autre chose. Les maisons, certains murs, ont une couleur particulière, ou une présence particulière. La lumière, ou l’orientation de la lumière en fin de journée, fait ressortir les formes des bâtiments, du mobilier urbain, d’une manière particulière. La pierre meulière des banlieues d’Île-de-France resplendit étrangement en octobre.

J’aime les frissons du début de l’automne. Le froid arrive, mais gentiment. Evidemment, il faut se méfier de l’humidité qui revient, du redoux qui trahit, des rhumes qui percent. Mais rien de bien méchant jusqu’en novembre cependant, en général. Les frissons en automne ont quelque chose de délicieusement inoffensif, on ne les craint pas, ils ravivent juste des souvenirs du début du printemps, ils piquent à peine, on sait qu’ils sont faciles à dissiper. On ne craint pas encore de fièvres vraiment graves. La lumière rassure.

Et puis, novembre va arriver.

Plus précisément, pour l’Île-de-France contemporaine, c’est le passage à l’heure d’hiver ce dimanche 27 octobre qui va tomber comme un couperet. Le premier lundi suivant sera terrible. Il n’y aura plus de lumière du tout en fin de journée — juste plus de fatigue. Sortie des bureaux, lumières artificielles partout. Vie de machines parmi les machines. Plus de feuilles jaunies, juste des feuilles sombres, et des feuilles piétinées, du gris partout, toutes sortes de nuances de gris, du noir et de la boue.

Fin de journée, rentrer chez soi, n’avoir plus qu’une seule envie, se recroqueviller au chaud, se cacher sous la couette, se blottir, se calfeutrer, se cacher, dormir, hiberner, attendre le dégel pour se réveiller. Rêve de mammifère. Hiberner.

Bien sûr, il peut y avoir encore quelques belles journées en novembre, et dans tous les mois d’hiver, mais ça n’est pas pareil. La tendresse particulière de septembre et d’octobre sera partie. L’hiver est une saison dure, on l’oublie trop facile. Dure, cruelle et méchante. Car dure avec les faibles, sans pitié pour les malades, les enfants en bas âge, et les personnes âgées. Les gens trop bien portants ne s’en rendent pas compte. We shall overcome.

Bonne nuit.

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