C’est pas la fin du début, ni le début de la fin

La fin de l’année est propice à faire des bilans. Le fait que ce blog arrive à la fois au cap des 200 billets, et à celui de sa première année, est aussi un encouragement à faire des bilans.

Faire des bilans, je sais faire. C’est une partie de mon métier, après tout. Faire des bilans, des rapports, des compte-rendus, des points d’avancement, des retours d’expérience. Des bilans. Mettre en perspective. Synthétiser. Evaluer. Je sais faire. Et une partie de moi adore ça. Analytique, synthétique, propre et méthodique.

Mais en faisant un bilan, j’ai peur d’être tenté de tout arrêter.

Car une partie de moi a envie de tout arrêter.

A tort ou à raison, je ne vais pas bien depuis quelques semaines. Je suis dans une mauvaise spirale. Ça se voit. Ça se lit, aussi, sans doute. Je n’ose pas écrire : je souffre. Et pourtant c’est ça. Je souffre. J’ai la douleur honteuse. Comme beaucoup de monde, surtout parmi les mâles occidentaux des siècles passés — ce que je suis. Ça ne se dit pas. Ça ne s’avoue pas. On n’en parle pas. Une partie de moi a honte d’avoir laissé cette souffrance nourrir (pourrir, dirait-elle) plusieurs billets de ce blog. Mais ça fait partie de moi. Il fallait que je l’écrive.

J’ai peur de la fin. Je ne veux pas mourir, même si une partie de moi voudrait que tout s’arrête. Je veux passer le mauvais cap. Je ne veux pas faire de bilan maintenant, en tout cas pas de bilan définitif.

J’ai pourtant beaucoup d’éléments pour un bilan. Surtout des éléments positifs. Je suis très fier d’avoir tenu le rythme de ce blog. Il y a surement des billets très pourris. Il y en a beaucoup que j’ai oubliés et que je serai surpris de relire. Il faudrait que je prenne le temps de relire. Il faudrait que je prenne le temps maintenant de ranger tout cela en catégories. En tout cas, il y a des billets dont je suis très content. Je veux continuer. Je sais que j’ai matière à continuer.

J’ai trouvé des formules. J’aime les gens qui ont le sens de la formule. J’aime trouver des formules. Au fil des billets, j’ai renoué avec ce goût-là. Je veux continuer.

Peut-être la meilleure formule pour cette année 2013 est celle-ci, trouvée un soir magique à l’autre bout de l’Europe :

Ce qui est positif est faux, ce qui est négatif est inutilisable.

En référence à cette phrase adaptée de Paul Valéry :

Ce qui est simple est faux, ce qui est compliqué est inutilisable.

Elle ne m’a pas empêchée de me retrouver, au fil des semaines suivantes, embarquée dans une spirale de malheur, tel une coquillette dans un évier.

Elle pourra peut-être m’aider à en sortir.

Il ne faut jamais baisser les bras.

Jamais.

Il m’est arrivé beaucoup de choses en 2013. Du bon, et du pas bon. Des moments difficiles, plus ou moins difficilement surmontés, jusqu’au moment difficile en cours. Tomber sept fois, se relever huit. Je dois être entre la septième et la huitième, en somme. Ce moment difficile ne doit rester qu’un moment. Avec un début et une fin. C’est lui qui aura une fin. Pas moi.

Le plus important peut-être est qu’il y a eu plus d’imprévu que depuis pas mal d’années. De l’imprévu. De l’imprévisible. Pas grand’chose de révolutionnaire, pas de ces choses qui bouleversent une existence ou définissent un destin, mais plus la stagnation des années précédentes.

Je ne veux pas mourir, mais je souffre. Je suis fatigué.

Et je sais que dire et répéter « je suis fatigué » est souvent un masque pour cacher une souffrance.

Je ne veux pas mourir.

Je ne veux pas que ce soit la fin.

L’avant-dernier chapitre d’Emilie Jolie m’a toujours arraché des larmes :

C’est pas la fin du début
Ni le début de la fin
Nous on dit que F I N
Ça ne veut pas dire fin!

Allô, ici la compagnie des lapins bleus, j’écoute…

Il ne faut jamais baisser les bras.

We shall overcome.

Bonne nuit.

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