Pistes de lecture – L’ère de l’indécence

Billet compilé en insomnie

Nous vivons une époque dite « décomplexée ».

« Décomplexé » est peut-être le mot que je déteste le plus.

Nous vivons une époque indécente.

Le grand slogan du secteur qui donne le ton, qui domine, écrase et pille cette époque — la finance — est « The Sky is the Limit ». Ne reconnaître aucune limite. Nier toute forme de retenue, de restriction, d’humilité, de décence. No limit.

Nous vivons une époque indécente.

Quelques exemples récents et divers, voire elliptiques.

* * *

Mona Chollet, dans « Le Monde Diplomatique » de septembre 2014, sous le titre « Surprenante convergence sur la prostitution » :

Comme le remarque la journaliste suédoise Kajsa Ekis Ekman, le discours en faveur de la légalisation de la prostitution tient un argumentaire en réserve pour chaque tendance de l’opinion. Aux socialistes, on affirme que la prostituée est « une travailleuse qui s’organisera dans un syndicat ». Aux libéraux, on assure « que c’est une question de libre choix et que la prostituée n’est rien d’autre qu’une entrepreneuse du sexe ». Aux féministes, on dit que les femmes doivent pouvoir « disposer de leur corps ». « Mon corps m’appartient » : ce slogan prend désormais un sens très différent de celui qu’il revêtait dans les manifestations des années 1970. En février 2014, pour protester contre la remise en question du droit à l’avortement, des centaines d’Espagnoles sont allées enregistrer leur corps comme propriété privée au registre commercial des biens mobiliers de leur ville. Alors qu’auparavant le corps était revendiqué comme un lieu de liberté, il est ici réduit à un bien meuble permettant éventuellement des gains sur un marché.

Ekman évoque un « pacte silencieux » conclu à propos de la prostitution entre « la gauche postmoderne et la droite néolibérale ». Posant le même constat, la féministe américaine Katha Pollitt, lassée d’entendre parler de « liberté » à ce sujet, objecte : « Et l’égalité? Je croyais que c’était aussi cela, la gauche… » Tourisme sexuel, migration volontaire ou forcée vers des pays plus riches : la prostitution cristallise en effet avec une crudité particulière les inégalités à l’oeuvre tant entre le Nord et le Sud qu’au sein de chaque société. Au Portugal, avec la crise, des associations ont constaté l’arrivée sur le marché « de femmes de la classe moyenne qui n’avaient jamais pensé un jour se prostituer ». En France, le site américain SeekingArrangement.com, lancé début 2014, met en relation des hommes fortunés et des jeunes femmes sans moyens désireuses de financer leurs études sans devoir emprunter (4). Certains hommes profitent également de la pénurie de logements abordables pour proposer une cohabitation ou un studio gratuits en échange de rapports sexuels. L’un d’eux, haut fonctionnaire, se vantait d’avoir « viré celles qui ne respectaient pas leurs engagements ».

  • Sans commentaire. Article à lire entièrement — comme tous ceux référencés dans ces « Pistes de Lecture », évidemment. Männer sind Schweine. Les hommes sont des porcs. Et, plus récemment, des porcs décomplexés.

Bruno Roger-Petit sur son blog hébergé par « Le Nouvel Observateur » (dans le temps ça s’appelait « Le Plus », maintenant on dit « L’Obs », on s’y perd, mais c’est pas grave), le 13 octobre 2014 :

La Zemmour du jour a été prononcé chez Jean-Jacques Bourdin, sur RMC : « La virilité est valorisée dans les familles africaines et arabo-musulmanes. Les hommes blancs, eux, sont symboliquement castrés ».

Donc, ça continue. Et plus ça continue, plus monte le curseur de la provocation. Cela se finira par une ultime saillie et l’inéluctable chute surviendra alors. Question de temps. Question de patience.

Un jour, le héros des temps réactionnaires se perdra lui-même en voulant briller une fois de trop. Et cette dernière le sortira à jamais du système. Ce sera la mort sociale. Même le plateau de Taddéi lui sera interdit. En tout, il existe un plafond de verre, même pour Zemmour. Tôt ou tard, il s’y heurtera. Laissons le temps au temps. (…)

Heureusement, il y a eu Charles Pasqua. Oui. Charles Pasqua.

Sur Europe 1, l’ancien ministre de l’Intérieur, et surtout ancien Résistant et membre du club des 22, est venu dire ce qu’il convenait de penser de la geste zemmourienne, notamment sa réécriture du maréchalisme des années 1940-42, ce régime qui aurait permis de sauver, selon l’historien amateur Zemmour, en toute bonne conscience, « des » (et pas « les ») Juifs français, comme il l’a dit sur France 2 dans « On n’est pas couché ».

« Si Monsieur Zemmour pense que Pétain a protégé les juifs de France c’est qu’il ne connaît rien à la réalité des choses ». Et d’ajouter :

« Je lui fais une proposition. Qu’il vienne me voir, nous irons dans le Midi ensemble, nous monterons sur la route Napoléon… Un petit village qui s’appelle Séranon, dans lequel on verra des maisons détruites par les SS et les gens qui étaient dedans assassinés parce qu’ils avaient protégé des enfants juifs ».

  • S’il n’y a plus que Charles Pasqua pour remettre Eric Zemmour à sa place, c’est que, décidément, ça ne va pas fort dans cette République…

Peggy Noonan (ancienne « speechwriter » de Ronald Reagan), sur son blog hébergé par le « Wall Street Journal » (bon appétit), sous le titre « Our decadent elites », le 18 février 2014 :

I wonder if the titans of Wall Street understand how they look in this.

At least they tried to keep it secret. That was good of them!

They are America’s putative great business leaders. They are laughing, singing, drinking, posing in drag and acting out skits. The skits make fun of their greed and cynicism. In doing this they declare and make clear, just in case you had any doubts, that they are greedy and cynical.

All of this is supposed to be merry, high-jinksy, unpretentious, wickedly self-spoofing. But it seems more self-exposing, doesn’t it?

And all of it feels so decadent.

No one wants to be the earnest outsider now, no one wants to play the sober steward, no one wants to be the grind, the guy carrying around a cross of dignity. No one wants to be accused of being staid. No one wants to say, « This isn’t good for the country, and it isn’t good for our profession. »

And it is all about the behavior of our elites, our upper classes, which we define now in a practical sense as those who are successful, affluent and powerful. This group not only includes but is almost limited to our political class, Wall Street, and the media, from Hollywood to the news divisions.

They’re all kind of running America.

They all seem increasingly decadent.

What are the implications of this, do you think?

They’re making their videos, holding their parties and having a ball. OK. But imagine you’re a Citizen at Home just grinding through–trying to do it all, the job, the parenthood, the mowing the lawn and paying the taxes. No glamour, all responsibility and effort. And you see these little clips on the Net where the wealthy sing about how great taxpayer bailouts are and you feel like . . . they’re laughing at you.

What happens to a nation whose elites laugh at its citizens?

What happens to its elites?

  • Venant d’un des derniers symboles de l’épopée conservatrice des années 1980s … The government is not the solution, the government is the problem? There is no such thing as society? The best minds are not in government, if they are good, they are in the private sector? (je cite de mémoire). Quelle ironie !

Denis Robert, sur son compte Facebook, le 9 novembre 2014 :

Ce qui se joue avec Luxleaks, c’est le statut de la vérité dans nos sociétés. En dix ans, beaucoup de choses ont bougé. Les médias ont matraqué sur la crise, la finance. Le débat politique (…) — à savoir politique de l’offre ou de la demande — devrait être balayé par ce que cachent les révélations de Luxleaks. 2400 milliards d’euros sont planqués au Luxembourg. L’argent de notre travail est là-bas. Qu’est-ce qu’on attend pour aller leur reprendre ? Il nous appartient.

Claude Askolovitch, dans « Le Huffington Post », sous le titre « Exquise barbarie », le 27 octobre 2014 :

Ayant donc déjeuné et « beaucoup rigolé » avec Patrick Modiano, quel homme charmant, quel repas « formidable »! – la ministre de la Culture raconta cette rencontre épatante sur un plateau de télévision et (personne ne pensait à mal) se vit demander quel livre de ce bonhomme exquis elle préférait aux autres. Elle n’en avait lu aucun. Ce fut un instant gênant; ce que l’on ressent quand, devant vous, quelqu’un se met dans un mauvais cas, lâche une incongruité, on a pour lui une sympathie désolée… Mais Fleur Pellerin est plus solide que notre empathie et – après tout, c’était moins grave qu’un trou au grand oral de l’ENA – elle se ressaisit ainsi: « J’avoue sans aucun problème que je n’ai pas du tout le temps de lire depuis deux ans. Je lis beaucoup de notes, beaucoup de textes de loi, les nouvelles, les dépêches AFP mais je lis très peu. »

Répétons: « Je lis très peu », assuma donc « sans aucun problème » la ministre de la Culture, et, à cette heure elle n’a pas encore démissionné. C’est regrettable. Fleur Pellerin, ce dimanche dans Le Supplément, nous a fait basculer un peu plus vers l’état de barbarie -plus sûrement que tous les fascistes profanateurs d’art phallique ou contemporain, plus cruellement qu’une Zahia en icône de la FIAC, plus brutalement que toutes les vulgarités du moment. Fleur Pellerin – femme d’élite, femme jeune, femme brillante – lit des notes, Fleur Pellerin – femme d’élite, femme jeune, femme d’un avenir possible des gauches – lit les dépêches, Fleur Pellerin, ministre de la Culture, ne lit pas Modiano, et lit très peu en général.

La Barbarie est ici. Si l’on peut être ministre de la Culture sans lire, alors nous ne sommes plus que technique et budgétisation, et rien ne nous élèvera plus, et l’âme est un leurre, et tous les mots qui nous ont inventés plus grands que nous-mêmes – « C’embêtant dit Dieu, quand il n’y aura plus ces Français »- valent moins qu’une note de cabinet. Ce n’est pas seulement que Fleur Pellerin n’a jamais lu Modiano qui, il y a deux ans, avant que sa carrière ministérielle ne la happe, avait déjà un peu publié. Ce n’est pas seulement que, Modiano nobelisé, Fleur Pellerin n’a pas eu la moindre curiosité pour son oeuvre – n’a même pas pensé à aller regarder un livre, un seul, de cet homme couronné – n’a pas été fichue de retenir un titre, un seul, une phrase, pour faire illusion. Non. Le pire est ailleurs: elle n’a pas voulu faire illusion. La barbarie est donc exquise, qui se drape d’honnêteté et s’exprime en transparence, vertu contemporaine…

  • Qu’est-ce qu’on attendait au fond de Fleur Pellerin, diplômée de l’ESSEC, grande école de commerce ? A part vendre, savoir vendre, se vendre, vendre, encore et toujours vendre ? Ne pensez pas !

Zoe Williams, dans « The Guardian », sous le titre « Richard Branson’s space tourism shows what today’s obscene inequality looks like », le 2 novembre 2014 :

« We would love to finish what we started some years ago … I think millions of people would one day love the chance to go to space. » Richard Branson, mourning the death of the pilot killed in the Mojave desert last Friday, nevertheless managed to keep his eye on the prize. (…)

« Millions of people » … « the chance to go to space… » — whatever they would or would not love, millions of people will never be able to access this chance, to borrow the language of infinite opportunity. Millions of people will never have £150,000 in disposable income.

The existence of a few hundred people who can set fire to this kind of money relies on millions of people not having it. In an unintentionally hilarious justification of the 150 grand price tag, CNN wrote: « For decades, none but a few privileged — and highly trained — individuals could dare dream of travelling beyond Earth’s orbit. All that’s set to change as Richard Branson brings space exploration to the (mega-rich) masses. » (…)

However, when rich people start dropping sums that could rid whole villages of cholera — on a trip that extends humanity in no direction, that is probably pretty boring for a lot of the time and not dissimilar to flying overnight — the picture changes. This is what inequality actually looks like: rich people burning money on fun. That’s what the world works to service. That’s why things have to be the way they are.

Henri Guaino, sur « Atlantico », interview conjointe avec Emmanuel Todd, publiée le 16 novembre 2014

L’état de l’Europe aujourd’hui est le résultat d’une défaite intellectuelle majeure plus, à mon sens, que de la supériorité objective de la puissance allemande. Keynes avait raison : les idées mènent le monde beaucoup plus que les intérêts. Le problème de l’Europe est dans le rapport qu’entretient une partie de ses élites politiques, intellectuelles, économiques avec l’histoire, la géographie, la culture et l’anthropologie ou encore la démographie, et qui s’exprime très bien dans l’attitude de l’Europe aujourd’hui sur la question ukrainienne, comme elle s’est parfaitement exprimée au moment de la ratification du Traité de Maastricht et de la création de l’Euro. La politique se construit sur des réalités qui ne sont pas toutes matérielles. Sinon les réalités vous rattrapent et elles se vengent. Regardez l’Euro ! Souvenez-vous de ce que disaient les anti-maastrichtiens en 1992 ! Regardez les tensions avec la Russie ! Souvenez-vous de ce que disaient les Russes lors de l’indépendance du Kosovo en 2008. Bien au-delà des intérêts et des puissances, l’Europe actuelle est le produit de ce rêve fou d’un continent vierge sur lequel on pourrait édifier n’importe quelle construction abstraite. Le résultat est un désastre dont émerge seulement ce qu’il y a de plus compact, de plus solide, ou pour reprendre la phraséologie d’Emmanuel Todd, ce qu’il y a de plus discipliné, c’est-à-dire l’Allemagne, mais elle finit par s’y fragiliser à son tour. (…)

Au-delà de ce constat, je me pose une autre question. Dans l’histoire des élites françaises, une partie d’entre elles au moins, a souvent trahi la France pour tirer au mieux son épingle du jeu sans se soucier du destin collectif, alors que, par exemple, les élites anglaises n’ont jamais trahi l’Angleterre…

Les élites européennes ne sont-elles pas en train de trahir l’Europe ? Que dire d’une Europe qui prend le visage de Monsieur Juncker, un homme qui, à la tête du gouvernement luxembourgeois, a organisé le pillage fiscal méthodique de tous les autres pays européens ? C’est cela l’élite européenne ? C’est cela son idéal européen ? C’est d’encourager l’évasion fiscale, d’ouvrir l’Europe à tous les vents, de la laisser économiquement désarmée, d’en faire la victime expiatoire de toutes les guerres économiques, de tous les prédateurs, de tous les démagogues. Plus grave encore, le désarmement militaire de l’Europe dans un monde où les tensions, les conflits, les menaces se multiplient. On nous raconte une histoire de Nation européenne. A-t-on jamais vu une Nation qui n’a pas la volonté de se défendre ? L’Europe, si belliciste vis-à-vis de la Russie, de la Syrie, de l’Iran, de l’Etat islamique, des organisations terroristes ne veut pas de défense européenne. Elle ne veut que le parapluie américain. A part la France et l’Angleterre, l’Europe ne s’engage jamais militairement et elle renâcle à payer pour partager le coût des interventions. Etrange Europe pacifiste en diable et tout autant belliciste vis-à-vis de tous ceux qui ne partagent pas sa conception de la Démocratie ou qui pourraient mettre en danger la Paix dans n’importe quelle région du monde, mais Europe incapable de s’armer pour défendre la Paix et pour se défendre elle-même, pour défendre sa tranquillité, sa liberté, sa conception de la civilisation. Cette Europe qui encense la Paix à tout bout de champ, pousse à la guerre par procuration. Emmanuel Todd parlait tout à l’heure de boucs émissaires. L’Europe s’est fait une spécialité, au nom de la bonne conscience européenne, ou de vieilles rancœurs, de désigner des boucs émissaires dont elle demande la tête aux autres, sans accepter de se salir les mains elle-même. C’est moins dangereux et moins coûteux. En apparence et à court terme. Car, à long terme ce genre de renoncement se paye toujours très cher.

  • On pense ce qu’on veut de Henri Guaino. Jusqu’à 2007, il était peu connu. Peu de gens savaient vraiment son rôle dans les années 1990s, auprès de Philippe Séguin, puis dans la campagne réussie de Jacques Chirac en 1995, peu de gens lisaient ses tribunes, parfois lumineuses, dans Les Echos au début de la décennie 2000. La lumière où l’a amené le petit président qu’il a contribué à faire élire en 2007 ne lui a pas complètement réussi. Mais il reste capable de fulgurances remarquables.
  • Quant aux élites, que ce soient les élites françaises ou européennes stigmatisées ici par Henri Guaino, ou les élites américaines stigmatisées plus haut par Peggy Noonan … peut-on encore parler d' »élites » — au sens large, noble, conscient et éclairé qu’avait jadis ce mot ? Ou ne doit-on pas juste constater la disparition des élites, et le monopole de l’oligarchie ?

Pierre-Antoine Delhommais, dans « Le Point », le 30 novembre 2014, sous le titre « Les leçons économiques du cas Nabilla » :

Il y a aussi toute une dimension économique – certes, encore assez peu étudiée par les chercheurs – dans le phénomène Nabilla. « La bimbo aux gros seins et à la petite cervelle », qui défraie aujourd’hui la chronique judiciaire, est pourtant d’abord une autoentrepreneuse de génie. Qui, grâce à son seul talent ou, si l’on préfère, grâce à une plastique hors norme et à une personnalité hors norme elle aussi, en tout cas certainement grâce à une certaine forme d’excellence dans son domaine, a réussi, à 22 ans, à créer sa propre marque et à la faire prospérer. Se faisant payer jusqu’à 10 000 euros pour se montrer dans une boîte de nuit, défilant – merveilleusement, paraît-il – pour Jean Paul Gaultier, lançant sa collection de prêt-à-porter, faisant breveter son expression culte « Allô ! Non, mais allô, quoi ! », devenant une vraie star et pas une simple starlette des réseaux sociaux (1,1 million de followers sur Twitter, 480 000 abonnés sur son compte Instagram). Bref, la start-up Nabilla est une incroyable success-story, créatrice de richesses et de travail (producteurs télé, paparazzi, stylistes de mode, journalistes, etc.), un vrai petit moteur de croissance comme l’économie française aimerait en compter davantage.

Une prouesse d’autant plus remarquable que Nabilla est parvenue à émerger sur le marché hyper-concurrentiel qu’est celui de la télé-réalité. Les journalistes du site Slate.fr, qui ont analysé 48 émissions de télé-réalité entre 2001 et mars 2014, ont calculé que leur taux de sélectivité est plus élevé que celui des grandes écoles. (…)

Derrière le déferlement d’horreurs haineuses et condescendantes qui se disent sur Nabilla se cache une autre vérité économique. On n’aime pas en France la réussite, d’où qu’elle vienne. (…) on pourrait bien sûr souligner le côté provocateur qu’il y a à parler de « fuite des cerveaux » à propos de Nabilla. On se contentera de déplorer par avance l’éventuel exil d’une jeune businesswoman qui regorge d’atouts considérables.

  • Bref, pour ce Monsieur, qui souille « Le Point » aussi sûrement que l’escroc BHL, Nabilla est un modèle pour toute la jeunesse française. Il y a deux ans, son modèle était le voyou Lakshmi Mittal, pillard industriel sans scrupules. On juge une époque à ses modèles. Les modèles de notre époque sont indécents.

Tom Foremski, sur son blog « Silicon Valley Watcher », sous le titre « Silicon Valley’s Liquid Amorality – Water Will Find Its Way », le 22 novembre 2014 :

Today’s Silicon Valley culture is dominated by a peculiar amorality, a narcissism that claims Ayn Rand for its aspirations, even though few have read her books or even their dust jackets.

It’s as if everyone has forgotten, « What the right thing to do is. » And Google has worked hard to play down its « Don’t be evil » rule.

The culture of Silicon Valley today sits somewhere on the autistic spectrum and exhibits the elemental qualities of water. Water will always find its way, it will find the unseen cracks, and find ways through obstacles and even tear them down, as a tiny leak can bring down a mighty dam.

Water is an amazing disruptor — materializing from thin air, it can torrent and push aside mountains, or it can patiently work at opening up tiny cracks in solid stone, freezing and expanding, thawing and flowing.

Water doesn’t need ethics or morality it is a force of nature. It will always find its right level. It’s an appropriate metaphor for Silicon Valley’s culture of amorality. For example, the « Double Irish Dutch sandwich » tax accounting scheme used by (Bermuda based) Google, Apple, and others, to reduce corporate taxes in Europe and the US.

These loopholes in tax laws require extraordinary measures by large teams of accountants and lawyers to exploit, but like water finding its way through obstacles, if the holes are there water will flow through. Or as Eric Schmidt, Google’s Chairman told angry British politicians last year: plug the holes if you want more tax revenues.

This culture of amorality extends to lobbying in Washington where Silicon Valley companies don’t see a problem in giving money to re-elect politicians working against measures to control climate change, or restrict marriage to heterosexual couples.

And the amorality of winning at all costs even when you are winning.

Look at the secret conspiracy by Silicon Valley’s most successful and richest companies, Apple, Google, Intel, Intuit, Adobe, against their own workers, to hold down their salaries and restrict their career moves; Zynga’s admission of nasty revenue scams; Uber’s uber-sleazy growth strategy; Twitter’s demands for tax relief simply for locating its HQ in San Francisco’s poorest neighborhood — an economic burden for the city.

Silicon Valley companies have discovered the simple fact you can have your cake and eat it because there’s always more cake. You can be shitty and behave despicably and never have to eat humble pie because there will always be more cake.

And like water, this culture of amorality doesn’t set out to be evil, but it also doesn’t set out to do good — it sets out to see what it can get away with, what holes it can find to win and keep winning.

Concluons avec quelque variété des années 1980s.

Le monde est une vraie porcherie
Les hommes se comportent comme des porcs
De l’élevage en batterie,
A des milliers de tonnes de morts
Nous sommes l’heure des fanatiques
Folie oppression scientifique
Nous sommes dans un état de jungle
Et partout c’est la loi du flingue
Prostitution organisée
Putréfaction, gerbe et nausée
Le tiers-monde crève, les porcs s’empiffrent
La tension monte, les GIs griffent
Massacrés dans les abattoirs
Brûlés dans les laboratoires
Parqués dans des cités-dortoirs,
Prisonniers derrière ton parloir (…)
D’un côté le système monétaire,
De l’autre l’ombre militaire (…)

Le monde est une porcherie. C’est une de mes conclusions. Après deux ans de blog, il était temps que je la donne. Nous y reviendrons probablement.

Bonne nuit.

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