La mise à mort programmée de la Grèce

Demain, lundi 22 juin 2015, pourrait être le dernier acte de la mise à mort programmée de la Grèce.

Demain, lundi 22 juin 2015, une dernière série de sommets européens aura lieu à Bruxelles. Je pense que rien n’en sortira. Je peux me tromper.

Le sommet de l’EuroGroup jeudi 18 juin 2015 à Luxembourg n’a rien donné, pour une raison simple : à part Yanis Varoufakis, personne n’était venu pour négocier. A part Yanis Varoufakis, personne n’était venu avec des propositions — sinon les réponses robotisées habituelles : « il faut appliquer le mémorandum, il faut appliquer les traités européens, vous devez payer, vous allez payer, salauds de pauvres ! ».

Et le plus singulier dans cette affaire, c’est que Yanis Varoufakis n’avait même pas été autorisé à transmettre ses propositions à ses collègues ministres des finances de la zone euro. Comme il l’a expliqué le surlendemain à « The Irish Times », en date du 20 juin 2015 :

I was not allowed to share with Mr Noonan, or indeed with any other finance minister, our written proposals. In fact, as our German counterpart was later to confirm, any written submission to a finance minister by either Greece or the institutions was « unacceptable », as he would then need to table it at the Bundestag, thus negating its utility as a negotiating bid.

The euro zone moves in a mysterious way. Momentous decisions are rubber- stamped by finance ministers who remain in the dark on the details, while unelected officials of mighty institutions are locked into one-sided negotiations with a solitary government-in-distress.

It is as if Europe has determined that elected finance ministers are not up to the task of mastering the technical details; a task best left to « experts » representing not voters but the institutions. One can only wonder to what extent such an arrangement is efficient, let alone remotely democratic.

Le ton a monté ces dernières semaines. Beaucoup de bornes ont été franchies. Les « institutions européennes » n’en sortent pas grandies.

L’orage approche. La foudre va tomber. Du moins c’est ce que je ressens.

Je pense au titre du chapître XXII du roman « Le Drapeau Noir » de Jules Romains, sur les mois et les semaines précédant la catastrophe de 1914 : « Tourbillon de feuilles avant l’orage ». « L’Europe, mon pays ! »

C’est ainsi que ce brave peuple, d’hommes assez mal vêtus, peu soigneux de leur personne et de taille plutôt courte, se préparait à entrer une fois de plus dans l’Histoire.

Je pense à la promenade de Meina Gladstone à travers l’empire galactique appelé l’Hégémonie, au chapître 18 du roman « La Chute d’Hypérion » de Dan Simmons :

Meina Gladstone nodded, gathered her cape more tightly around her, and stepped back through the portal to a world which would never be the same again.

Promenade dans ce tourbillon de feuilles avant l’orage.

L’accusation. Faisons d’abord un petit tour d’horizon de voix qui appellent désormais ouvertement à la mise à mort de la Grèce.

Le 14 juin, dans « Bild » (le plus grand quotidien d’Europe par sa diffusion — deux millions d’exemplaires quotidiens), Sigmar Gabriel, le vice-chancelier allemand, nominalement social-démocrate (oui, « social-démocrate » !), s’est laissé aller à dire :

Nous voulons aider la Grèce et la garder dans l’euro. Mais non seulement le temps est compté, mais aussi partout en Europe la patience s’épuise. A travers toute l’Europe, il y a un sentiment croissant : ça suffit. (…)

De plus en plus de gens pensent qu’ils sont menés par le bout du nez par le gouvernement grec. (…)

Voilà pourquoi ne nous laisserons pas l’Europe et l’Allemagne soumises à un chantage. Nous ne laisserons pas payer les promesses de campagne exagérées d’un gouvernement communiste par les travailleurs allemands et leurs familles.

Le 8 juin, dans « The New York Times », Roger Cohen, pourtant parfois si bien inspiré, s’est livré à un exercice de Greek-bashing particulièrement déprimant, qui commence par :

Trying to save Greece has become an exercise in the absurd. Greece is near-enough bankrupt. Most Greeks know that. It can never repay its debts, no matter how many deals with creditors are pulled out of a hat.

The country is now run by a radical left party whose ministers have close to zero executive experience. Their executive experience nonetheless exceeds their diplomatic experience. This stands at less than zero — and it shows. The party, Syriza, includes people who want to re-fight the Greek Civil War (1946-49) in the belief the Communists will triumph this time.

Le 15 juin, dans « Les Echos », le groupuscule « d’anciens hauts fonctionnaires socialistes » (oui, « socialistes » !) appelé « Les Gracques », sous le titre : « Ne laissons pas M. Tsipras braquer les banques ! », se laisse aller :

M. Tsipras est un braqueur de banque qui menace de tout faire sauter — lui et son peuple avec — sans réaliser que ses otages — les autres pays du Sud — ont été déjà exfiltrés. Bien sur, on négocie avec lui, on lui dit des mots polis, on essaie de le ramener à la raison. Mais il est hors de question qu’il parte avec la caisse. Et c’est tant mieux. (…)

Cette dégringolade, où qu’elle s’arrête — et il faut espérer que ce soit le plus tôt possible — coûtera bien plus cher à la Grèce que ce que demande le FMI. Son seul intérêt sera de montrer aux peuples ce que donnent les recettes populistes, et ce n’est pas à l’avantage des Grecs, car une fois la spirale engagée, ce ne sera plus l’intérêt des autres pays européens d’amortir la chute. On peut former le souhait que le peuple grec réagira quand il touchera du doigt la catastrophe. Il demandera alors des comptes aux rouges-bruns.

Le 9 juin, dans « The Financial Times », un professeur d’économie italien, Francesco Giavazzi, se lâche aussi, sous le titre : « Greeks chose poverty, let them have their way ». Salauds de pauvres !

It is pretty clear that the Greeks have no appetite for modernising their society. They worry too little about an economy ruined by patronage. (…) it is an illusion to imagine, as the Finns sometimes do, that we could receive compensation in kind by acquiring a few Greek islands. The age when the British empire would do that is, luckily, over. Bygones are bygones. The sooner we accept this and forget those loans the better. If the Greeks do not want to modernise, we should accept it.

Mais c’est le 17 juin, dans « Le Monde » (oui, « Le Monde », le journal de référence de centre-gauche) que Arnaud Leparmentier décroche la timballe :

La complainte du Grec souffrant finit par être contre-productive. (…) Le gouvernement grec a tenté de faire croire que la solidarité européenne avait été détournée par les banques. Les Européens ont en effet dédommagé les banques en reprenant les dettes accumulées par les Grecs. (…)

Oui, « dédommagé » ! Faut oser…

Dans ce contexte, la Grèce doit trouver un accord avec les Européens. Signé par Alexis Tsipras ou un autre, peu importe. Il existe des précédents peu reluisants. C’était en novembre 2011, au G20 de Cannes, au plus fort de la crise de l’euro : le premier ministre grec George Papandréou et l’Italien Silvio Berlusconi avaient comparu au tribunal de l’euro devant Sarkozy, Merkel et Obama. Bien sûr, ils ne furent pas putschés comme de malheureux démocrates sud-américains victimes de la CIA. Mais, de retour dans leur pays, ils ont comme par miracle perdu leur majorité. Papandréou fut remplacé par le banquier central Loukas Papademos et Berlusconi par l’ex-commissaire européen Mario Monti.

Imaginons donc un scénario de crise : 30 juin, constat de défaut de la Grèce ; 1er juillet, panique bancaire et instauration d’un contrôle des changes par Tsipras, contraint et forcé ; 2 juillet, mise en minorité du gouvernement Tsipras par les irréductibles de Syriza ; 3 juillet, constitution d’un gouvernement d’union nationale, avec ou sans Tsipras ; 4 juillet : retour des négociateurs à Bruxelles-Canossa. Odieusement antidémocratique ? Les Grecs jouent au poker. Pourquoi pas nous ?

Éloge et planification d’un coup d’Etat dans le journal de référence de centre-gauche français … Décidément, ils se lâchent.

La défense. Faisons ensuite un petit tour de voix opposées à la mise à mort de la Grèce.

Il faudrait citer tous les articles publiés dans « La Tribune » par Romaric Godin — à ma connaissance le meilleur chroniqueur francophone de cette vilaine affaire. Voici la conclusion de son dernier article en date, publié le 19 juin :

Pour faire pencher la balance en leur faveur dans les négociations, les créanciers et l’Eurosystème ont utilisé la menace du Bank Run. C’est une arme redoutable, car aucun gouvernement n’est vraiment capable de survivre à un tel phénomène. Cela en dit long sur le point jusqu’où les créanciers sont prêts à aller. S’il veut éviter une catastrophe, le gouvernement grec serait donc, s’il accepte la logique des créanciers, contraint d’accepter lundi leur plan qui, à la différence du plan grec, n’a pas évolué. Alexis Tsipras devrait désormais choisir entre accepter le Bank Run qui mène directement ou à un scénario chypriote ou au Grexit, ou accepter les coupes dans les retraites et la hausse de la TVA qui mènent à coup sûr à la chute du gouvernement et à la dissolution de fait de Syriza, mais aussi à des conséquences néfastes pour l’économie. Alexis Tsipras se retrouve alors perdant dans les deux cas. Mais à condition d’accepter le défi que lui lance les créanciers.

La véritable question demeure de savoir si la BCE est prête sérieusement à aller jusqu’au bout de sa logique en coupant le fil de l’ELA. Si les banques sont à cours de liquidités dimanche, refusera-t-elle une nouvelle augmentation du plafond ? C’est toujours la même question qui revient depuis la première action de Francfort contre la Grèce le 4 février dernier : la seule institution réellement fédérale de la zone euro peut-elle prendre le risque d’exclure un de ses membres. Cette question ne peut pas recevoir une réponse en termes purement financiers ou économiques. C’est en premier lieu un choix politique puisque, comme l’a encore souligné Angela Merkel jeudi 18 juin à la tribune du Bundestag, l’euro est « plus qu’une monnaie. » La BCE peut-elle prendre le risque de n’en faire qu’une « simple monnaie », de surcroît soutenue par un attelage politico-financier bien fragile ? Athènes peut, par ailleurs, toujours trancher le noeud gordien dans lequel on l’a enfermé et choisir le Grexit en se prévalant de ces pressions et de l’urgence. C’est un risque que les Européens semblent prêts à prendre. Mais jouer aux pompiers pyromanes peut coûter, au final, fort cher.

Il faudrait aussi citer tous les billets consacrés par Jacques Sapir sur son blog « RussEurope » à cette vilaine affaire. Voici l’introduction de son dernier billet en date, publié le 20 juin :

Quel que soit le résultat de l’Eurogroupe qui doit se réunir le 22 juin, lundi prochain, il est désormais clair que le gouvernement grec (…) a remporté des succès spectaculaires. Ces succès concernent tant la Grèce, où le peuple a retrouvé sa dignité, que les pays européens, où l’exemple donné par ce gouvernement montre désormais la marche à suivre. Mais, et c’est le plus important, ce gouvernement — dans la lutte sans merci qu’il a mené contre ce que l’on appelle par euphémisme les « institutions », c’est à dire pour l’essentiel l’appareil politico-économique de l’Union européenne, l’Eurogroupe, la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne — a démontré que le « roi est nu ». L’ensemble de la structure, complexe et peu transparente de cet appareil politico-économique a été mis au défi de répondre à une demande politique, et s’est avéré incapable de le faire. L’image de l’Union européenne en a été fondamentalement altérée. Quoi qu’il sorte de la réunion de lundi prochain, qu’elle se solde par un constat d’échec ou par une capitulation de l’Allemagne et du courant « austéritaire », ou même, ce que l’on ne peut exclure, par une défaite du gouvernement grec, l’appareil politico-économique de l’UE aura fait au grand jour la preuve de sa nocivité, de son incompétence et de sa rapacité. Les peuples des pays européens savent désormais où se trouve leur pire ennemi.

Il faudrait citer Coralie Delaume et Olivier Berruyer, il faudrait citer Martin Wolf et Wolfang Munchau, il faudrait citer Paul Krugman et Jeffrey Sachs, les voix n’ont pas manqué pour sonner l’alarme contre la mise à mort programmée de la Grèce. Les voix n’auront pas manqué pour tenter d’empêcher le déclenchement d’une chaîne de catastrophes au final imprédictible. On ne pourra pas dire qu’on n’était pas prévenus !

Au final, le dernier mot pour moi revient au journaliste britannique Ambrose Evans-Pritchard, dont le dernier article pour « The Daily Telegraph », daté du 19 juin, est intitulé « Greek debt crisis is the Iraq War of finance » . Extraits — mais cet article, plus que tout autre, doit être lu en entier, tant il synthétise avec force et lucidité tout ce qui s’est accumulé pour en arriver là :

Rarely in modern times have we witnessed such a display of petulance and bad judgment by those supposed to be in charge of global financial stability, and by those who set the tone for the Western world.

The spectacle is astonishing. The European Central Bank, the EMU bail-out fund, and the International Monetary Fund, among others, are lashing out in fury against an elected government that refuses to do what it is told. They entirely duck their own responsibility for five years of policy blunders that have led to this impasse.

They want to see these rebel Klephts hanged from the columns of the Parthenon — or impaled as Ottoman forces preferred, deeming them bandits – even if they degrade their own institutions in the process.

If we want to date the moment when the Atlantic liberal order lost its authority — and when the European Project ceased to be a motivating historic force — this may well be it. In a sense, the Greek crisis is the financial equivalent of the Iraq War, totemic for the Left, and for Souverainistes on the Right, and replete with its own « sexed up » dossiers.

Does anybody dispute that the ECB — via the Bank of Greece – is actively inciting a bank run in a country where it is also the banking regulator by issuing this report on Wednesday? (…)

Do they think that the EU’s ever-declining hold on the loyalty of Europe’s youth can be reversed by creating a martyr state on the Left? Do they not realize that this is their own Guatemala, the radical experiment of Jacobo Arbenz that was extinguished by the CIA in 1954, only to set off the Cuban revolution and thirty years of guerrilla warfare across Latin America? Don’t these lawyers — and yes they are almost all lawyers – ever look beyond their noses?

The Versailles victors assumed reflexively that they had the full weight of moral authority on their side when they imposed their Carthiginian settlement on a defeated Germany in 1919 and demanded the payment of debts that they themselves invented. History judged otherwise.

Quand a commencé toute cette vilaine affaire ? Je me pose souvent la question.

Quelle est la portée de toute cette vilaine affaire ? De quelle histoire est-elle la fin — ou le point d’inflexion ? Quel est son sens dans l’Histoire ?

A quelle échelle faut-il voir cette vilaine affaire ?

Le temps.

Cinq mois ? Les médias obsédés par le court-terme ne verront pas plus loin que l’élection de Syriza, il y a à peine six mois, le 25 janvier 2015. C’est juste ridicule. Mais ça va en arranger beaucoup, leur refrain est déjà prêt : tout est de la faute à Syriza ; s’il n’y avait pas eu cette élection, tout ça ne serait pas arrivé ; vivement que Tsipras soit éliminé par un bon petit putsch, etc. Ne pas regarder plus loin. D’ailleurs, de toutes façons, dans le monde contemporain, on ne voit pas bien loin, tout nous invite à ne pas voir bien loin.

Cinq ans ? C’est au printemps 2010 que l’Europe a basculé dans la folie de l’austérité — après la réélection d’Angela Merkel à l’automne précédent en coalition avec les libéraux, juste au moment de la défaite de Gordon Brown, avec aux manettes le trio Sarkozy – Strauss-Kahn – Merkel soucieux avant tout de sauver les banques françaises et allemandes. C’est au printemps 2010 qu’une grande partie de cette machine infernale a été mise en place, sous la direction de l’homme le plus dangereux d’Europe. C’est depuis cinq ans que cette machine infernale dévore l’Europe, insensible à ses échecs et à toute remise en cause. Mais il faut voir plus loin.

Vingt-cinq ans ? Maastricht ! Maastricht et les nombreux autres paris perdus des années 1990s. Maastricht ! L’Union Economique et Monétaire, UEM, EMU en anglais. Validée de justesse par référendum en France le 20 septembre 1992. Il faut lire et relire le discours prononcé le 5 mai 1992 par Philippe Séguin. Ou citer à nouveau Emmanuel Todd, et son précieux « Qui est Charlie ? » :

Le langage de Maastricht était libéral, égalitaire, universaliste. Il ne s’agissait que de pousser plus avant l’édification d’une Europe unie, association de nations libres et égales vivant dans la paix perpétuelle d’un ordre kantien. La grandeur des principes ne faisait pas dédaigner une justification par l’efficacité économique. L’euro devait assurer notre prospérité. La réalité fut à l’opposé : ralentissement de la croissance, stagnation économique. Loin de mener au triomphe de la liberté et de l’égalité, Maastricht aboutit à celui de l’inégalité sous l’autorité transcendentale d’une divinité cruelle, la monnaie. Le monde populaire vit s’abattre sur lui la main de fer d’une gestion économique autorisant la destruction des activités industrielles pour privilégier les services financiers. L’Europe devint une hiérarchie de nations inégales.

Mais à certains égards, ce qui est en jeu remonte à plus loin encore.

Soixante-dix ans ? C’est la vision d’Ambrose Evans-Pritchard : « [This is] the moment when the Atlantic liberal order lost its authority — and when the European Project ceased to be a motivating historic force ». Détaillons, mais faisons court, il est tard.

« The Atlantic liberal order », c’est la Charte de l’Atlantique proclamée le 14 août 1941 par Churchill et Roosevelt, c’est la victoire du 8 mai 1945, et c’est toutes les institutions créées ces années-là, typiquement le Fonds Monétaire International (FMI) le 27 décembre 1945. Qui en 1945 aurait imaginé que le FMI se retrouve dans le rôle d’un des bourreaux d’un pays européen ?

« The European project », c’est toutes les communautés créées à partir de 1950, sous le bienveillant protectorat américain, à commencer par la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier fondée le 18 avril 1951. C’est, in fine, « l’édification d’une Europe unie, association de nations libres et égales vivant dans la paix perpétuelle d’un ordre kantien ». Qui en 1951 aurait imaginé que des institutions se réclamant de l’Europe unie organiseraient, délibérément et férocement, le chaos dans un pays européen ?

Soixante-dix ans ? Qui se souvient aussi loin, alors que les générations qui ont connu la Deuxième Guerre Mondiale s’effacent devant des mal-appris ?

Soixante-dix ans ! C’est une oeuvre collective de soixante-dix ans que ruine la mise à mort programmée de la Grèce !

Sommes-nous encore dans l’après-guerre, ou sommes-nous déjà dans un avant-guerre ?

Comment en sommes-nous arrivés là ?

… a world which would never be the same again.

Bonne nuit.

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