Enjoy the silence

Tu es fatigué.

Tu n’oses même plus rêver d’un monde où tu n’es plus fatigué, tu rêves juste d’un monde où ta fatigue est tolérée.

Tu rêves d’un monde où, quand tu dis que tu es fatigué, on ne te crie pas dessus.

Où, quand tu demandes qu’on arrête de crier, on arrête de crier.

Où, quand tu demandes qu’on parle moins fort, on parle moins fort au lieu de crier.

Où, quand tu expliques humblement que tu n’as pas compris ou que tu as mal entendu, on répète gentiment au lieu de crier.

Où, pour se faire entendre, nul n’a besoin de crier.

Où la vie, c’est autre chose que des cris, c’est autre chose que du bruit.

Mais il y a tellement de cris, d’énervements, de bruits et de fatigues, qu’on ne sait même plus qui a commencé, quand ça a commencé, d’où ça vient.

Tu rêves d’enfants qui obéissent et d’adultes qui réfléchissent. Tu n’en peux plus des enfants qui hurlent et des adultes qui hurlent.

Tu rêves de calme. Tu rêves d’harmonie. Tu rêves de paix. Tu rêves de silence.

Tu rêves d’un monde où on arrête de te mordre.

Où tu n’es pas mordu sans cesse plusieurs fois par jour.

Où quand on te parle, tu ne crains pas instinctivement d’être mordu.

Où tu n’as pas l’impression qu’on te dévore tellement on te mord.

Où tu n’as pas l’impression d’être en lambeaux sanguinolents tellement tu es mordu de partout, tout le temps.

Où tu peux parler sans te faire mordre.

Où on te parle au lieu de te mordre.

À force d’être mordu, tu te demandes si, contaminé, toi aussi tu ne te mets pas à mordre.

À force d’entendre crier, tu te demandes si, contaminé, toi aussi tu ne fais plus que crier. Où tu as peur d’être devenu, toi aussi, bête et méchant, comme tout le monde, zombie parmi les zombies, possédé parmi les possédés, hurleur parmi les hurleurs.

Tu ne supportes plus les cris, les morsures, l’énervement, le stress.

Tu ne sais plus comment tu tiens encore debout.

Tu voudrais juste que ça s’arrête.

Tu es fatigué. Tu voudrais juste que ça s’arrête.

Tu rêves de ne plus être fatigué.

Tu es fatigué d’être fatigué.

Tu es las d’être las.

Tu es las d’être là.

Tu veux juste que ça s’arrête.

J’ai pas demandé à venir au monde
Je voudrais seulement qu’on me fiche la paix

Bonne nuit.

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