Pistes de lecture – De quoi le 13 juillet 2015 est-il le nom ?

Ce billet continue une série commencée au soir du lundi 13 juillet 2015, par un billet sobrement intitulé « Le Dégoût » , continuée ici, et encore là.

Qu’est-ce qui est sorti du 13 juillet 2015, au petit matin, à Bruxelles ?

Quelque chose s’est cristallisé ce matin-là, en conclusion ou en apogée d’à peine de six mois de « crise grecque » . Quelque chose a été brisé. Quelque chose d’irréversible s’est produit. Quelque chose a été brisé et ne pourra plus être recollé. Le 13 juillet 2015 pue la mort.

L’Europe certes n’est pas morte. Car l’Europe, ce n’est pas l’Union Européenne. L’Europe, ce n’est pas la zone euro. L’Europe en a vu d’autres, et elle survivra.

En un sens, la zone euro est morte le 13 juillet 2015. Ce n’est plus qu’un zombie. C’est peut-être même l’Union Européenne qui est morte le 13 juillet 2015. Ces « institutions européennes » ne sont plus que des zombies, sans âme et sans but.

Evidemment, les zombies peuvent continuer à s’agiter encore longtemps. L’Union Soviétique était morte bien avant le 25 décembre 1991. Le Troisième Reich était mort bien avant le 8 mai 1945. Les super-structures peuvent résister encore longtemps. Les apparences sont souvent trompeuses. La résilience, l’inertie, la latence, l’habitude sont des facteurs considérables de l’Histoire.

Qui prenait au sérieux Emmanuel Todd en 1976, lorsqu’il écrivait :

Le communisme en Russie va s’effondrer d’ici cinq à trente ans. Au maximum.

Qui prenait au sérieux Hari Seldon en 12020 :

… jusqu’au jour où la tempête le fend en deux, le tronc d’arbre pourri a toutes les apparences de la santé.

Ou alors ce ne sont ni l’UE, ni la zone euro qui sont mortes. Seules des idées sont mortes. Seuls des idéaux et des espoirs sont morts. Seuls sont morts toute idée d’alternative, tout espoir de faire de l’UE autre chose qu’un machin oligarchique et autoritaire, toute possibilité d’en faire quelque chose de progressiste, de civilisé — d’humain.

Les masques sont tombés. Le monstre est à visage découvert — et il est hideux. Le 13 juillet 2015 pue la mort.

Puisque les mots me manquent, je vais reprendre ceux de quelques autres.

* * *

Commençons par Joschka Fischer, citoyen allemand, Vice-Chancelier et Ministre des Affaires Etrangères de la République Fédérale d’Allemagne de 1998 à 2005. Le 23 juillet, « Project Syndicate » publiait sa chronique mensuelle. Elle était intitulée : « The Return of the Ugly German » .

During the long night of negotiations over Greece on July 12-13, something fundamental to the European Union cracked. Since then, Europeans have been living in a different kind of EU.

What changed that night was the Germany that Europeans have known since the end of World War II. (…)

Where Europe is concerned, from now on Germany will primarily pursue its national interests, just like everybody else.

But such thinking is based on a false premise. The path that Germany will pursue in the twenty-first century — toward a « European Germany » or a « German Europe » — has been the fundamental, historical question at the heart of German foreign policy for two centuries. And it was answered during that long night in Brussels, with German Europe prevailing over European Germany.

This was a fateful decision for both Germany and Europe. One wonders whether Chancellor Angela Merkel and Finance Minister Wolfgang Schäuble knew what they were doing. (…)

The foundation of the second, unified German nation-state in 1989 was based on Germany’s irrevocable Western orientation and Europeanization. And the Europeanization of Germany’s politics filled — and still fills — the civilization gap embodied in German statehood. To allow this pillar to erode — or, worse, to tear it down — is a folly of the highest order.

  • Sans commentaire.

Emmanuel Todd, dans « Le Soir », en date du jeudi 9 juillet 2015 :

Le tragique réel de la situation, c’est que l’Europe est un continent qui, au XXème siècle, de façon cyclique, se suicide sous direction allemande. Il y a d’abord eu la guerre de 14, puis la deuxième guerre mondiale. Là, le continent est beaucoup plus riche, beaucoup plus paisible, démilitarisé, âgé, arthritique. Dans ce contexte ralenti, comme au ralenti, on est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous direction allemande.

  • Sans commentaire.

Yanis Varoufakis, dans un article publié par « Le Monde Diplomatique » du mois d’août 2015, intitulé : « Leur seul objectif était de nous humilier » , rappelle la séquence finale des événements :

Le samedi 27 juin, je participais à ma dernière réunion de l’Eurogroupe, celle qui a déclenché le processus de fermeture des banques grecques ; une façon de nous punir d’avoir eu l’audace de consulter la population de notre pays.

Au cours de cette rencontre, le président Dijsselbloem a annoncé qu’il était sur le point de convoquer un second rendez-vous, le soir même, mais sans moi. Sans que la Grèce soit représentée. J’ai protesté, soulignant qu’il n’avait pas le droit, seul, d’exclure le ministre des finances d’un Etat membre de la zone euro, et j’ai exigé une clarification juridique à ce sujet.

Après une brève pause, le secrétariat nous a répondu : « L’Eurogroupe n’a pas d’existence légale. Il s’agit d’un groupe informel et, en conséquence, aucune loi écrite ne limite l’action de son président. » Ces mots ont résonné à mes oreilles comme l’épitaphe de l’Europe que Konrad Adenauer, Charles de Gaulle, Willy Brandt, Valéry Giscard d’Estaing, Helmut Schmidt, Helmut Kohl, François Mitterrand et bien d’autres avaient cherché à créer. D’une Europe que j’avais toujours considérée, depuis l’adolescence, comme ma boussole.

Quelques jours plus tard, en dépit de la fermeture des banques et de la campagne de terreur orchestrée par des médias corrompus, le peuple grec a clamé haut et fort son « non ». Lors du sommet des chefs d’Etat de la zone euro qui a suivi, le premier ministre Tsipras s’est vu imposer un accord qu’on ne saurait décrire autrement que comme une reddition. L’arme de chantage utilisée ? La perspective, illégale, d’une expulsion de la zone euro.

Qu’importe l’opinion que chacun se fait de notre gouvernement : cet épisode restera dans l’histoire comme le moment où les représentants officiels de l’Europe ont utilisé des institutions (l’Eurogroupe, le sommet des chefs d’Etat de la zone euro) et des méthodes qu’aucun traité ne légitimait pour briser l’idéal d’une union véritablement démocratique. La Grèce a capitulé, mais c’est le projet européen qui a été défait.

  • Sans commentaire.

Jürgen Habermas, interviewé le 16 juillet 2015 dans « The Guardian » :

The Greek debt deal announced on Monday morning is damaging both in its result and the way in which it was reached. First, the outcome of the talks is ill-advised. (…) Secondly, the outcome does not make sense in economic terms (…) Thirdly, the outcome means that a helpless European Council is effectively declaring itself politically bankrupt: the de facto relegation of a member state to the status of a protectorate openly contradicts the democratic principles of the European Union. Finally, the outcome is disgraceful because forcing the Greek government to agree to an economically questionable, predominantly symbolic privatisation fund cannot be understood as anything other than an act of punishment against a left-wing government. It’s hard to see how more damage could be done.

And yet the German government did just this when finance minister Schäuble threatened Greek exit from the euro, thus unashamedly revealing itself as Europe’s chief disciplinarian. The German government thereby made for the first time a manifest claim for German hegemony in Europe — this, at any rate, is how things are perceived in the rest of Europe, and this perception defines the reality that counts. I fear that the German government, including its social democratic faction, have gambled away in one night all the political capital that a better Germany had accumulated in half a century — and by « better » I mean a Germany characterised by greater political sensitivity and a post-national mentality.

  • Sans commentaire.

Roger Cohen, dans « The New York Times », en date du 14 juillet 2015 :

Yes, the German Question is back. Is German domination compatible with further European integration or will it prove a fracturing force?

Merkel has tried to tread a fine line between the rage at Greece within her center-right party and her determination to hold the euro — and Europe — together. She has resisted the many German voices saying, « To heck with Greece. Enough! » But, overall, notwithstanding the provisional Greek bailout deal reached after marathon negotiations, she had erred on the side of rigidity, austerity and responsibility lessons. German methods are good for Germans. But if Berlin now wants all Europeans to follow those methods, the Europe that offered postwar Germany a path to salvation will break apart.

  • Sans commentaire. « German methods are good for Germans ». Le problème c’est que plus de 400 millions de citoyens de l’Union Européenne ne sont pas allemands — et plus de 600 millions d’Européens ne sont pas allemands. C’est moche, mais c’est comme ça. Personne n’est parfait. Et pourtant, tout le monde a le droit de vivre.

Jacob Soll, dans « The New York Times », en date du 15 juillet 2015, sous le titre « Germany’s Destructive Anger », raconte l’ambiance dans une conférence d’économistes de très haut niveau, à Munich dans la fatidique semaine entre le dimanche 5 juillet et le lundi 13 juillet 2015 :

When I pointed out that the Germans had played a major role in this situation, helping at the very least by insisting on austerity and unsustainable debt over the last three years, doing little to improve accounting standards, and now effectively imposing devastating capital controls, Mr. Enderlein and Mr. Fuest scoffed. When I mentioned that many saw austerity as a new version of the 1919 Versailles Treaty that would bring in a future « chaotic and unreliable » government in Greece — the very kind that Mr. Enderlein warned about in an essay in The Guardian — they countered that they were furious about being compared to Nazis and terrorists.

When I noted that no matter how badly the Greeks had handled their economy, German demands and the possible chaos of a Grexit risked political populism, unrest and social misery, they were unmoved. Debtors who default, they explained, would simply have to suffer, no matter how rough and even unfair the terms of the loans. There were those who handled their economies well, and took their suffering silently, like Finland and Latvia, they said. In contrast, a country like Greece, where many people don’t pay their taxes, did not seem to merit empathy. It reminded me that in German, debt, « schuld, » also means moral fault or blame.

When I asked if any had visited Greece to assess poverty, brain drain and business closings, they simply shook their heads. When I asked what responsibility these leading economists felt in the Greek crisis, they told me that I could not understand the situation by simply flying in from the United States. (For the record, I have spent much of the year in Europe, meeting with the previous Greek government in Athens — where I saw hungry old people rummaging in trash cans — and later with members of the European Commission in Brussels.)

When the panel split up, German attendees circled me to explain how the Greeks were robbing the Germans. They did not want to be victims anymore. While I certainly accepted their economic points and, indeed, the point that European Union member countries owe Germany so much money that more defaults could sink Germany, it was hard, in Munich at least, to see the Germans as true victims.

Here lies a major cultural disconnect, and also a risk for the Germans. For it seems that their sense of victimization has made them lose their cool, both in negotiations and in their economic assessments. If the Germans are going to lead Europe, they can’t do it as victims.

  • Sans commentaire.

Mathieu Magnaudeix, dans « Mediapart », en date du 29 juillet 2015, sous le titre « La question allemande est de retour » :

La thèse que je défends dans mon livre est que nous nous retrouvons un peu dans la même situation qu’à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle, après l’unification allemande de 1871. À ce moment-là, l’Allemagne se retrouve dans un paradoxe. Elle est à la fois très puissante au regard des autres grands pays, mais pas assez puissante pour les défaire militairement s’ils s’allient. C’est l’origine de ce qu’on a appelé la « question allemande ».

L’historien allemand Ludwig Dehio a parlé pour cette période d’une Allemagne en situation de « semi-hégémonie ». D’une certaine façon, la réunification de 1990 a relancé la question allemande, mais de façon géo-économique, et non plus géopolitique ou militaire.

Paris is the final destination of the Troika

Jean-François Bayart, sur son blog de « Mediapart », le 21 juillet 2015, sous le titre « La « normalisation » de la Grèce » :

Ainsi, donc, la Grèce est « occupée » et « normalisée » financièrement, au nom de la monnaie et de la « morale » fiscale, par des « hommes en noir ». Elle vit derechef en « xénocratie », subordonnée à une nouvelle « commission de la dette », comme après 1893. Mais d’histoire, et de l’économie politique de l’Etat qui en procède, il ne saurait être question. Il est vrai qu’un fumeux Francis Fukuyama nous avait annoncé, au début des années 1990, la « fin de l’Histoire ». Mais, chassée par la porte de la vision néolibérale du monde, celle-ci ne tarde pas à rentrer par la fenêtre, ainsi que l’avaient immédiatement rappelé la guerre du Koweït, la guerre civile de Yougoslavie, le génocide des Tutsi au Rwanda, et quelques autres menues péripéties. D’Histoire, il va bien être question, dans les mois à venir. Une Union européenne qui prend pour adversaire un Alexis Tsipras sans se formaliser outre mesure d’un Viktor Orban, une Union européenne qui s’émeut plus de ses créances à l’endroit d’un Etat membre, que sa propre dynamique a conduit à la ruine, que de la mort de milliers de migrants et de réfugiés, que son malthusianisme démographique et sa politique étrangère provoquent, cette Europe-là a perdu beaucoup de sa légitimité démocratique et de sa crédibilité éthique aux yeux de ses citoyens. Comme cette Europe-là s’avère dans le même temps incapable d’employer sa population pour s’être enfermée dans une logique économique suicidaire, il est à craindre qu’elle ne se livre désormais aux partis d’extrême-droite qui hantent son paysage électoral depuis trente ans, avec une assurance croissante. En France, le Front national est aux portes du pouvoir, et la convergence sécuritaire entre la droite sarkozyste et la gauche socialiste lui aura concocté, sous prétexte de lutte contre le terrorisme et l’immigration, l’Etat policier dont il n’aurait osé rêver. Le déni de démocratie opposé au peuple grec fera les choux gras des eurosceptiques britanniques, et le Brexit suivra le Grexit que rend inévitable l’inanité du troisième plan d’ « aide » à la Grèce. A Athènes, Aube dorée attend benoitement les prochaines élections sous le regard bienveillant de Vladimir Poutine, qui pourra cueillir le fruit grec quand il sera tombé pourri à terre. Les pays d’Europe centrale et baltique, qui n’ont jamais vu dans l’Union européenne qu’une assurance complémentaire à celle de l’OTAN pour les protéger de l’impérialisme revanchard de la Russie, n’auront plus assez de larmes pour pleurer la réédition de leurs erreurs funestes de l’entre-deux guerres. Quant à l’Allemagne, elle a ruiné en un week-end la respectabilité qu’elle s’était forgée en plusieurs décennies de travail acharné et de prudence. Enfin, une partie de la jeunesse du continent, avide de changements et de justice, aura retenu de la leçon des 11-13 juillet 2015 que la voie des urnes est fermée, et que l’action directe s’impose. Les gouvernements conservateurs, Espagne et Grande-Bretagne en tête, s’y préparent en faisant adopter des législations liberticides contre les droits de grève et de manifestation.

On ne peut reprocher à François Hollande l’acharnement désespéré avec lequel il a essayé de sauver, à la fois, l’appartenance de la Grèce à la zone euro et le couple franco-allemand. Mais il faut déplorer son incapacité à « sortir du national-libéralisme », faute d’avoir compris de quoi était faite cette machine infernale : le libéralisme pour les riches, le nationalisme pour les pauvres. Oui, l’Europe de demain sera national-libérale, et peut-être serons-nous nombreux à devoir embarquer à notre tour sur de frêles esquifs pour la fuir si sa « normalisation » financière continue d’aller de pair avec l’enfumage identitaire des électeurs. L’Histoire dira si le point de basculement ne s’est pas situé dans ce petit pays péninsulaire dont la mythologie antique a donné à notre continent son nom, et auquel nous avons pris l’habitude, à dire vrai assez contestable, d’associer l’idée même de démocratie ; si le Diktat de Bruxelles n’a pas dépassé les intentions de ses auteurs et revêtu une portée que leur défaut d’imagination, voire de pensée, ne les a pas autorisés à concevoir, selon l’inusable scénario du normalisateur normalisé.

  • Sans commentaire.

Egalement sur « Mediapart », il faut suivre les chroniques de Christian Salmon, qui a tenté en date du 2 août une synthèse sous le titre « L’Europe Kidnappée » :

L’épisode grec ne se limite donc pas aux enjeux d’une renégociation de la dette émaillée d’incidents bien peu diplomatiques, d’humiliations et de chantages : c’est tout à la fois un séisme politique au cœur de l’Europe, une crise financière de l’eurozone, une faillite morale de l’UE qui s’est révélée incapable de remplir sa mission de solidarité à l’égard d’un de ses États membres et un coup d’État financier fomenté par la « Troïka », qui est apparue comme le seul véritable gouvernement de l’eurozone. C’est le premier épisode géopolitique au sein de l’Europe d’une guerre financière qui ne dit pas son nom et qui oppose, pour la première fois en Europe, non pas des États entre eux, des alliances ou des coalitions, mais un léviathan supranational qu’on a vu surgir pour la première fois dans sa toute-puissance, son autonomie, et son aveuglement face à un État, l’un des plus pauvres d’Europe, férocement attaché à son indépendance et à sa souveraineté. Ce léviathan a kidnappé l’idéal européen.

La construction européenne qui se drape depuis des années dans ses intentions pacifiques, son « humanisme » d’après guerre, ses valeurs de liberté et de démocratie, est apparue dans la gestion de la crise grecque comme un monstre aveugle, liberticide, animé d’une volonté de puissance irrationnelle et autodestructrice. De non démocratiques, les institutions de l’Union européenne se sont révélées « dictatoriales ». D’impuissante et brouillonne, la construction européenne s’est révélée agressive et hégémonique. Ce n’est pas la Grèce qui a été humiliée, c’est la fiction d’une Europe solidaire et démocratique. Nul désormais ne saurait ignorer que l’Union européenne se comporte à l’égard d’un de ses États membres comme un empire à l’égard d’un État vassal, dominé.

  • Sans commentaire.

Le Pape François, dans un discours prononcé le jeudi 9 juillet 2015 à Santa Cruz, en Bolivie, et repris entre autres par Reuters :

No actual or established power has the right to deprive peoples of the full exercise of their sovereignty. Whenever they do so, we see the rise of new forms of colonialism which seriously prejudice the possibility of peace and justice. (…) The new colonialism takes on different faces. At times it appears as the anonymous influence of mammon: corporations, loan agencies, certain ‘free trade’ treaties, and the imposition of measures of ‘austerity’ which always tighten the belt of workers and the poor.

  • Sans commentaire. Je n’ai pas trouvé le texte en français sur le site du Vatican, et je ne comprends pas l’espagnol.

Ambrose Evans-Pritchard, dans « The Daily Telegraph », en date du 29 juillet 2015, conclut :

This ideological rearmament is the unintended result of the eurozone’s refusal to seek any modus vivendi with Syriza even where there was plenty of common ground. They were so determined to chastise Greece for lese majeste that they completely lost sight of the greater European interest.

Donald Tusk, the EU president, concedes that a pre-revolutionary mood is taking hold across much of Europe, comparing it to the Left-Right alliances of the late 1930s. « It was always the same game before the biggest tragedies in our European history, » he told the Financial Times.

Yet he could not bring himself to admit that the root cause of the populist uprising is the deformed structure of monetary union that has led to six years of mass unemployment and incubated this new tragedy. Nor could he admit that the deal he himself brokered after « water-boarding » Mr Tsipras in Brussels for 17 hours perpetuates the same vicious cycle.

So we now have a Europe where the political temperature is rising to boiling point: where the EMU elites are refusing to shift course; and where mischievous lawyers are concocting criminal charges against anybody daring to explore a way out of the trap.

This is a recipe for a European civil war.

L’Euro, c’est la guerre.

Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose.

Bonne nuit.

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