Et si nous étions quand même sur la voie du progrès ?

Billet écrit en temps contraint

Et si je me trompais ?

Et si, en fait, ça allait mieux ?

Il ne s’agit pas ici de commenter la dernière petite phrase du petit président (« Ça va mieux » ), d’autres l’ont déjà fait brillamment (« Contre la nuit debout, l’ennui assis » ), et au fond cet individu et ses gesticulations sont peu intéressantes.

Au fil de ce blog, par petites touches, j’ai pris conscience que ma vision du monde contemporain, de la trajectoire du monde contemporain (depuis cinq, dix, vingt-cinq ans), du futur prévisible du monde contemporain (à cinq, dix, vingt-cinq ans) — j’ai mis en évidence que ma vision est pessimiste.

Ma conviction est que le monde contemporain est engagé sur une mauvaise trajectoire. Le monde en général, l’Union Européenne en particulier, et la France tout particulièrement. Divers billets de ce blog illustrent cette conviction — la fin du progrès, l’obscurantisme assisté par ordinateur, la stagnation séculaire, l’inversion des limites … On devrait être en train de coloniser Mars ! On devrait être en train de coloniser le système solaire, on devrait être en train de bâtir et de progresser, et on a perdu cette perspective. « On nous a volé l’avenir. On nous a volé la perspective. On nous a volé la ligne droite. On tourne en rond. »

Ma conviction est ancrée dans les illusions perdues et les paris perdus des années 1990s, et notamment dans quelques constats de Philippe Séguin, notamment cette phrase prononcée le 29 mai 1997 :

En vérité, les Français constatent (…) que, pour la première fois depuis des décennies et des décennies, leurs enfants ne vivront peut-être pas dans un monde meilleur.

Et si je me trompais ?

Et si nous étions quand même sur le voie du progrès ?

Et si, bien loin d’être guettée par la « stagnation séculaire », l’économie mondiale était au seuil d’une nouvelle révolution scientifique et industrielle encore plus formidable que les précédentes ?

Et si les machins sociaux, smartphones, tablettes et autres engins du diable allaient vraiment nous rendre plus sociaux, mieux informés, plus ouverts, moins bêtes ?

Et si le Big Data, bien loin d’être juste une surveillance de masse au-delà de ce qu’Orwell imaginait, bien loin d’être juste un bête slogan marketing, bien loin d’être un fantasme, était une étape importante dans l’histoire de la connaissance ? Et si le Big Data c’était la Renaissance des Lumières ?

Dans leur livre de référence paru en 2013, Viktor Mayer-Schönberger et Kenneth Cukier écrivent :

Durant la plus grande partie de notre histoire humaine, nous n’avons travaillé qu’avec une petite quantité de données parce que nous ne disposions que d’outils limités pour les collecter, les organiser, les stocker et les analyser. Nous avons fait le tri des informations sur lesquelles s’appuyer pour n’en garder que le strict minimum et en faciliter ainsi l’examen. C’était une forme inconsciente d’autocensure : nous avons traité la difficulté qu’il y avait à interagir avec les données comme un fait regrettable au lieu de la considérer pour ce qu’elle était, à savoir une contrainte artificielle imposée par la technologie de l’époque.

Et si l’Union Européenne, bien loin d’être au fond du trou, bien loin d’être un ramassis de brigands, bien loin d’être la fossoyeuse des souverainetés, des libertés et des peuples, était en train d’accoucher sans trop de douleur d’une vigoureuse nation européenne — comme par exemple les guerres de Bismarck avaient forgé, dans la douleur, la nation allemande — la soumission de la France à l’UE étant au fond le pendant de l’absorption de la Bavière par le Reich ?

Et si l’Amérique, la France, l’Europe, le monde, étaient encore grands, sans qu’il y ait besoin de proclamer « Make America Great Again » ou « Make France Great Again » ?

Et si on allait finalement entreprendre de coloniser Mars ?

Et s’il fallait juste cesser d’avoir peur, et se rappeler que l’Histoire n’a avancé qu’avec de l’audace, de l’innovation, des essais, des erreurs, encore des essais et encore des erreurs ? Au diable, les « principes de précaution » et autres sophismes juridiques ? Acceptons le risque, embrassons le risque, ignorons le risque, osons, courons, tentons ?  Tomber sept fois, se relever huit !

Et si la vie n’était pas finie ? Et si, non seulement l’Histoire, mais aussi le progrès historique, n’étaient pas finis ?

She said, “It is sad the old dome is gone, isn’t it? But we must focus on what is coming. This too is viriditas. To concentrate not on what we have created, but what we will create. The dome was like a flower which wilts and falls, but contains the seed of a new plant, which grows and then there are new flowers and new seeds. The past is gone. Thinking about it will only make you melancholy.

Et si nous étions en train de surmonter tous les tourments et tous les aléas de l’époque ? We shall overcome!

Et si la fatalité n’existait pas ?

Et si ma fille allait vivre mieux que moi ?

Et si mes plus belles années à moi étaient encore devant moi ?

Et si le printemps arrivait enfin ?

Bonne nuit.

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Un commentaire pour Et si nous étions quand même sur la voie du progrès ?

  1. Boone dit :

    Dans « Red Mars », le premier homme a marcher sur Mars le fît en 2017. Au moins sur ce point là, la réalité sera en retard.

Tous les commentaires seront les bienvenus.

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