La douceur d’un été

Je garderai un bon souvenir de l’été 2016.

Pas seulement parce qu’il a été ouvert par la magnifique nuit du Brexit.

En cet été 2016, ce blog n’a pas été alimenté pendant de longues semaines. Avant de reprendre le rythme, je tiens à insérer quelques mots personnels sur ces quelques semaines.

Ces quelques mots personnels sont probablement sans grand intérêt, mais ceci n’est qu’un blog après tout. Au pire, ça ne sera juste que quelques notes isolées que je relirai un jour, peut-être, seul, dans longtemps, quand je me déciderai enfin à tout relire, parce qu’il le faudra bien.

Depuis des années, les vacances d’été pour moi c’étaient quelques courtes semaines permettant de fuir l’Île-de-France, coincées entre des périodes chargées. Mal préparées, vite effacées. Les jours précédant le départ, c’était le stress des préparatifs, l’angoisse de laisser les choses en bon état au travail, et la peur de la fatigue. Les jours suivant le retour, c’était le stress de la reprise, les incendies à rattraper et à éteindre au travail, et le retour de la fatigue.

Les vacances d’été, c’était à peine une parenthèse. J’étais à peine moins fatigué après. L’été, c’était une saison comme les autres.

Cet été 2016 aura été différent. J’étais moins fatigué avant, et je suis surtout beaucoup moins fatigué après. Il y a au moins une cause directe évidente : la démotivation et l’absence de responsabilité dans le poste que j’occupe depuis le printemps 2016. Live and let die. Live and let live.

Cet été 2016, il y a certes eu un peu de stress avant et après, il a bien fallu faire et défaire les valises, quelques marathons de lessives et de repassage, et toutes ces sortes de choses. Mais j’ai eu le sentiment d’arriver en vacances moins usé que, par exemple, à Noël 2014, à la Toussaint 2015 ou à Noël 2015. J’en étais presque étonné.

Et puis je me suis vraiment reposé. J’en aurais presque honte.

Et surtout, la reprise, après le retour, a été d’une merveilleuse lenteur. Pas de responsabilités donc moins de contraintes. Une sensation d’irréalité : ce n’est pas vrai, ça ne peut pas être vrai, y a un truc, il manque quelque chose, ça ne peut pas durer. J’en aurais presque honte.

Plusieurs semaines pendant lesquelles, comme pendant les vacances elles-mêmes, j’ai pu dormir beaucoup, j’ai pu lire beaucoup, j’ai lu toutes sortes de choses, et puis surtout j’ai pu tout simplement prendre mon temps. J’ai même pu prendre du temps pour ne rien faire, juste regarder le ciel ou caresser le chat. C’était réel, mais ça m’a semblé très irréel, tant c’était inhabituel. C’est tellement rare.

Plusieurs semaines en creux. En apesanteur. Légères. Vides. Flottant dans le vide. Baigné de lumière. Et sans envie de retrouver la pesanteur. Sans envie de remettre de la matière. Sans envie de remplir les vides.

Plusieurs semaines agréables. J’en aurais presque honte. Il faisait beau. C’était plutôt calme. Je pouvais utiliser ma voiture, je respirais l’air climatisé, et ça roulait bien (confort petit-bourgeois décadent, comme on disait jadis). Je lisais. Je dormais. Je traînais.

Plusieurs semaines où, incidemment, la petite bête ne s’est guère manifestée. Plusieurs semaines, où, négligemment, j’ai pu me laisser aller à me dire à nouveau que la vie n’est pas finie, que la vie peut être belle, que le monde va peut-être mieux, qu’il n’y a pas de mal parfois à juste profiter de la vie, que la chance tournera.

Tout ça sera bientôt terminé. J’en parle déjà au passé. Je n’ai pas envie que ça s’arrête, mais c’est déjà en train de s’arrêter. L’Île-de-France se remplit à nouveau. Le travail va redevenir pesant, notamment par sa stupidité et sa futilité. Les temps de transport vont décupler. les trajets vont redevenir épuisants. Les contraintes horaires vont redevenir obsédantes. La lumière va baisser.

Je garderai un bon souvenir personnel de l’été 2016 — d’autant plus que je n’attends rien de bon des prochaines saisons. Même si, décidément, l’automne est ma saison préférée.

C’est la vie.

J’ai bien l’intention de reprendre ce blog. Je recommence aujourd’hui. Comme aux rentrées précédentes, je vais tenter d’écrire des billets plus fréquents (deux ou trois par semaine, ce serait bien), mais plus courts (avec les renoncements que ça implique).

C’est la vie.

Bonne nuit.

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