Il faut chérir chaque minute qui passe

Billet écrit en temps contraint

Il faut chérir chaque minute qui passe.

Il faut chérir chaque minute qui passe, parce qu’on est vivant, et que c’est parce qu’on est vivant qu’on ressent cette minute passer. Refuser de vivre c’est insulter les morts.

Il faut chérir chaque minute qui passe, parce que d’autres n’auront pas eu la chance de vivre jusqu’à elle.

Il faut chérir chaque minute qui passe comme un cadeau du ciel. Je ne crois en aucune religion, mais si je devais chercher une preuve divine, je commencerai par considérer l’écoulement du temps.

Il faut chérir chaque minute qui passe, parce que le temps est la plus rare des ressources rares, la plus précieuse des ressources précieuses, la seule commodité qui ne se stocke pas, qui ne s’échange pas, qui ne s’assure pas — bien plus importante que l’eau, le blé ou le pétrole.

Il faut chérir chaque minute qui passe, même pendant les périodes où le temps semble surabondant, où on a du temps, où on a trop de temps, où on a du temps du perdre, et où on se perd dans la torpeur. Il faut chérir chaque minute même quand on a trop de temps, de même qu’il faut respecter l’eau potable, même quand on est au milieu d’un lac d’eau douce, par respect pour les lieux et les moments où l’eau potable est rare. Gaspiller c’est insulter les nécessiteux.

Il faut chérir chaque minute qui passe, même si on n’en fait rien. Même si on a l’impression de ne rien en faire. Même si on culpabilise de n’en rien faire d’utile, de productif, de quantifiable, d’objectivable. Il faut lutter contre les névroses utilitaristes.

Il faut chérir chaque minute qui passe, parce qu’elle n’est potentiellement à nulle autre pareille. Elle sera peut-être insipide, indolore, inutile et insignifiante, mais on ne le saura qu’après. Elle sera peut-être la dernière, mais on ne le saura pas avant de l’avoir traversée.

Il faut chérir chaque minute qui passe, parce que même si notre époque est sordide, menée par des gens répugnants vers des lendemains incertains, elle reste plutôt une époque de paix. C’est très relatif, c’est faux en certains endroits, mais quand même. Ce siècle, pour l’instant, et malgré des moyens techniques très supérieurs, a évité des formes de carnages de masse que, au même âge, ses prédécesseurs n’avaient pas évité, de Leipzig à Verdun. Pour l’instant. Pourvu que ça dure !

Il faut chérir chaque minute qui passe, même si la vie, ce n’est souvent qu’une suite de mauvais moments à passer.

Il faut chérir chaque minute qui passe, même si la vie est moche, le monde est moche et les gens sont moches.

Il faut chérir chaque minute qui passe, même si la petite bête dit le contraire.

Il faut essayer, il faut essayer, il faut essayer.

Il faut se dire que la vie n’est pas finie.

Dans « Death’s End » , Cixin Liu a écrit :

The universe is grand, but life is grander.

Bonne nuit.

Publicités
Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Il faut chérir chaque minute qui passe

  1. coquille_vide dit :

    Magnifique article, merci 😀

  2. Anonyme dit :

    vive les beaux jours, hein 🙂

  3. Monolecte dit :

    Je ne crains pas la mort car j’ai eu la chance de naitre d’abord!

Tous les commentaires seront les bienvenus.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s