Fritz Zorn : « simplement, être dans la vie, cela, nous ne le voulions pas »

Comme évoqué dans un précédent billet, j’ai lu le livre « Mars » de Fritz Zorn. Je viens de le finir. Ça m’a pris quelques semaines. C’est un livre dur. Il a été écrit en 1976 par un homme de trente-deux ans, quelques mois avant d’être emporté par un cancer, cancer qu’il considérait comme la suite logique de sa dépression, dépression qu’il considérait comme la suite logique de son éducation.

La quatrième de couverture de l’édition en ma possession indique :

Fils d’une famille patricienne de Zurich, celui qui a écrit ce livre sous un pseudonyme fut ce qu’on appelle un enfant bien élevé. Dnas la somptueuse villa, au bord du lac, régnait l’entente parfaite. Un certain ennui aussi, qui tient à la bienséance. (…)

Jamais les contraintes et les tabous qui pèsent, aujourd’hui encore, sur les esprits soi-disant libres n’ont été analysée avec une telle pénétration, dans une écriture volontairement neutre, par celui qui constate ici, très simplement qu’il a été « éduqué à mort ». Il avait trente-deux ans.

Je ne vais pas chercher ce soir à résumer ce livre, ni à expliquer ce qu’il a fait résonner en moi — et encore moi tout ce qu’il n’a pas pas fait résonner en moi. Vous pouvez éventuellement lire la fiche Wikipedia consacrée à ce livre (après avoir lu le livre, je pense qu’elle en rend compte assez correctement), ou relire les passages d’Emmanuel Carrère qui m’ont amené à ce livre.

Ce soir, je souhaite juste partager quelques pages qui me semblent particulièrement, personnellement, pertinentes. Bien évidemment, si vous êtes ayant-droit de Fritz Zorn et que vous pensez que j’enfreins votre droit d’auteur et assimilé, ne vous fâchez pas, contactez-moi et j’enlèverai ce que vous voudrez.

We’re flying high
We’re watching the world pass us by 
Never want to come down
Never want to put my feet back down
On the ground

Dans mon édition (Folio n°1368, dépôt légal : octobre 2016), ce sont les pages 71 à 82. Ces pages parlent de son enfance. Les italiques sont de l’auteur. Les gras sont de moi. Dernier élément de contexte : c’est traduit de l’allemand.

Après toutes ces personnes respectables, qu’il s’agisse d’employés de l’État, ou d’hôtes, ou des prétendus « gens simples », je voudrais parler maintenant du groupe encore beaucoup plus important des ridicules, de tous les gens qui étaient un peu différents de nous autres et, pour cette raison même, un peu ridicules. Il me faut préciser tout de suite que, dans ce récit, je n’emploie la notion de « ridicule » qu’après coup ; chez mes parents, personne n’eût osé, même dans ses pensées les plus secrètes, établir un rapport entre le mot « ridicule » et qui que ce fût. Quand on trouvait les autres ridicules, il s’agissait d’un processus tout à fait inconscient ; autrement dit : nous le faisions mais nous ne le savions pas. J’ai écrit plus haut que les gens étaient ridicules parce qu’ils étaient différents de nous. Hé oui, ils n’étaient pas tout à fait aussi « bien » que nous. Mais, bien sûr, on ne pouvait pas demander à tout un chacun d’être tout à fait aussi « bien » que nous, c’eut été sans doute trop exiger des autres. C’était très bien ainsi, qu’ils ne fussent pas exactement aussi bien, c’était inscrit dans les lois de la nature que seuls quelques aristocrates pouvaient parvenir au tout à fait « bien » et que les autres devaient s’arrêter beaucoup plus bas. Cependant il ne fallait pas, pour cela, qualifier ces inférieurs de mauvais, c’étaient des gens convenables, et braves, ils se donnaient sincèrement du mal, dans le cadre de leur univers légèrement étriqué ; d’aucune manière ils ne méritaient le blâme — tout simplement ils n’étaient pas tout à fait aussi « bien ».

Peu à peu je compris que l’imperfection des autres était sympathique plutôt que déplaisante, elle était drôle, elle était tout bonnement risible. Je remarquai que presque tous les autres gens faisaient sans cesse exactement ce que nous nous efforcions tellement d’éviter : ils montraient leurs points faibles et ces points faibles nous divertissaient. Les autres faisaient constamment des choses un peu ridicules, ils disaient toujours des choses un peu ridicules et, dans l’ensemble, leur conduite et leurs manières étaient un peu ridicules. C’étaient des gens qui n’avaient pas aperçu que tout était « compliqué » et qui parlaient avec balourdise de choses pour lesquelles ils n’avaient aucune compétence, simplement parce que ces choses étaient beaucoup trop « compliquées » ; des gens qui comparaient les choses entre elles, parce qu’ils ne savaient pas qu’on ne pouvait absolument pas faire de comparaisons ; des gens qui, sur toutes choses, avaient tout bêtement une opinion à eux et qui l’exprimaient librement par-dessus le marché. Je sentais à quel point c’était amusant quand les autres exposaient leur opinion qui pouvait fort bien être tout à fait erronée, qui l’était même très probablement, alors que je savais que moi j’étais déjà beaucoup trop distingué et intellectuellement trop affiné pour avoir seulement une opinion personnelle. Il y avait donc des gens qui prenaient le risque de se découvrir et ça, c’était ça ridicule. Le monde des gens qui n’étaient pas tout à fait « bien », c’était notre théâtre et nous étions le public, puisque nous ne faisions rien, nous étions de simples spectateurs.

Ceux que j’appelle ici les « autres », au fond c’était tout le monde. Tout le monde était autrement, personne n’était comme nous ; ou, plus exactement ce n’était naturellement que notre suffisance inavouée qui nous représentait l’humanité sous l’aspect des « autres » ; en réalité, c’était nous qui étions toujours les « autres », c’était nous qui étions toujours à part. A ce propos, je voudrais souligner encore une fois qu’on ne peut pas imaginer à quel point ce clivage constant entre nous, les spectateurs, et les autres, les acteurs, était ténu, imperceptible. Je ne crois pas que mes parents avaient conscience de ce clivage ; en tout cas, ils n’auraient pas été capables de l’exprimer en mots, même s’ils avaient eu la vague idée d’une chose de ce genre. En effet, ils étaient tout à fait inconscients de ce qu’il y avait de plus important, à savoir qu’ils trouvaient les gens ridicules. Ridicule eût été le dernier mot qu’ils eussent employé pour caractériser leur rapport au monde extérieur, puisque aussi bien les relations humaines étaient empreintes, chez eux, d’un respect hiératique complètement dépourvu d’humour et de la politesse glaciale de leur refus du prochain. Si on leur avait reproché de sourire de leurs semblables, mes parents s’en seraient tous les deux défendus avec indignation. Et pourtant ils le faisaient. Qu’y avait-il donc de proprement ridicule dans ce rapport entre mes parents et les autres ?

Je définirais le ridicule comme la distance entre le parfait et l’imparfait ou, formulé cyniquement, entre le négatif et le positif : le rien est toujours parfait, le quelque chose a toujours des défauts. A la sérénité du Bouddha l’agitation du monde parait ridicule, car lui-même n’a plus rien à voir avec cela. Au cynique les sentiments du prochain paraissent ridicules parce que lui-même n’a plus de sentiments. A celui qui ne joue pas au football il parait ridicule de courir pendant des heures après un petit ballon de cuir ; il ne se demande pas si ce jeu ne serait pas follement amusant, il ne voit que le côté ridicule de ces hommes adultes qui jouent comme de petits garçons. Sans doute celui qui fait quelque chose se rend-il toujours ridicule aux yeux de celui qui ne fait rien. Celui qui agit peut toujours prêter le flanc ; celui qui n’agit pas ne prend même pas ce risque. On pourrait dire que ce qui est vivant est toujours ridicule car seul ce qui est mort ne l’est pas du tout.

Je crois aujourd’hui qu’il en allait ainsi de nous : nous ne faisions rien et ne disions rien et ne défendions rien et n’avions aucune opinion, c’est pourquoi nous passions notre temps à nous amuser des gens qui, ridiculement, faisaient ou disaient ou pensaient quelque chose. Ces clowns dans notre salon étaient même très nécessaires à notre vie ; en effet, comme nous ne nous rendions jamais ridicules, nous étions tributaires des autres qui le faisaient à notre place et nous divertissaient de cette manière. Voilà pourquoi trouvions les clowns si sympathiques, ils nous faisaient rire, ce dont nous étions par nous-mêmes incapables. Il va sans dire que nous n’étions pas en peine de trouver des ridicules dans notre entourage car plus on est même un magasin de porcelaine, plus n’importe qui venu de l’extérieur, y prend pour vous l’aspect d’un éléphant. Ainsi, ce que nous trouvions ridicule n’était donc que ce qui était spécifiquement ridicule pour nous — pour toute autre personne la chose eût été parfaitement normale. Je pense, par exemple, à l’un de nos voisins qui possédait toujours une quantité d’autos époustouflantes dont il se servait avec une grande jouissance ; c’était un peu ridicule, c’était un peu nouveau riche, car mon père était beaucoup plus riche que ledit voisin, n’avait pas d’auto et ne savait même pas conduire ; ça, c’était plus distingué. Le même voisin avait aussi des prototypes d’avions qu’il pouvait faire voler un peu partout en Suisse ; c’était un peu ridicule car c’était, au fond, un peu puéril. Pendant ses loisirs mon père ne jouait qu’à faire des patiences (il n’en connaissait d’ailleurs qu’une seule et elle n’était même pas très passionnante) ; c’était assurément plus distingué.

Ce que je veux dire en citant cet exemple, c’est que les préférences de ce voisin n’avaient absolument rien de ridicule en soi ; c’était uniquement pour nous, qui n’avions aucune préférence et qui nous targuions d’être « au-dessus de ça » qu’elles étaient ridicules. Moins tu agis, moins tu es ridicule. Tel était le verdict en vigueur chez nous et il a beaucoup contribué à faire de moi quelqu’un de distingué et de malheureux. Cette passivité généralisée peut être illustrée par l’histoire suivante : mes pauvres parents faisaient partie en qualité de membres passifs, de toutes les associations possibles et imaginables car ne pas faire partie de ces associations « eut peut-être été mal vu par les gens du village ». Mais être soi-même actif, faire soi-même de la gymnastique dans la société de gymnastique, ou chanter dans la chorale ou jouer aux quilles au club de quilles, cela ils ne le faisaient pas. Par pure habitude, ma pauvre mère faisait même partie de l’association des femmes, bien qu’elle détestât l’association des femmes parce que celle-ci défendait le droit de vote des femmes.

Bienveillante était notre attitude à l’égard de la vie, très bienveillante même ; nous la considérions avec bienveillance, cette bienveillance qu’on témoigne à un rhinocéros ou à une girafe dans un zoo. De fait, il suffit de dire que nous considérions la vie ; simplement, être dans la vie, cela, nous ne le voulions pas. La vie nous plaisait d’ailleurs, mais nous ne l’envisagions pas comme notre métier, pour nous c’était un spectacle auquel nous assistions. Nous aimions bien les gens, la rue et le champ de foire, mais seulement en tant que spectateurs. C’est pourquoi il n’aurait pas fallu nous reprocher d’être misanthropes car en réalité nous allions vers les gens, mais nous allions vers les gens comme on peut aussi bien aller au cinéma. La rue plaisait par-dessus tout à mes parents, particulièrement la rue méridionale, par exemple en Italie ou en Espagne ; on pouvait si bien y voir passer la vie. Mais c’était justement cela : on la voyait passer. Moi-même, pendant des années, je n’ai pas remarqué que la rue est intéressante ; je savais seulement qu’elle était pittoresque que et qu’on pouvait y voir des types originaux. Il ne me venait pas à l’idée que moi aussi j’étais l’un de ces types. J’ai souvent observé le décor de la rue avec tous ces gens qui y poursuivaient leur but. Il n’y avait que moi qui n’avais pas d’autre but que de regarder comment les autres poursuivaient les leurs. Un jour, à l’occasion d’une kermesse, des amis me demandèrent ce qui m’attirait le plus ; je répondis, comme si cela allait de soi, que ce que je préférais, c’était observer les gens. Je dus un peu me forcer pour faire bonne figure tandis qu’ils m’entraînaient d’amusement en amusement car je ne m’étais jamais dit jusqu’à présent que les amusements n’étaient pas faits seulement pour les autres, mais aussi pour moi.

Dans la rue, j’avais l’occasion de voir des types intéressants ; mais ce n’étaient pas des types avec qui j’eusse aimé entrer en contact. C’était comme un film qui me passait devant les yeux en papillotant et s’arrêtait sitôt que je quittais ma place de spectateur. Dans la rue passaient des femmes qui étaient « très élégantes » ou qui « avaient l’air bien », mais l’idée qu’elles étaient « très élégantes » et qu’elles passaient là parce qu’à moi aussi elles auraient pu paraître désirables ne me venait pas à l’esprit. Sans doute cela exprime-t-il la quintessence de ce monde dans lequel on m’avait fait naître et qui devait aussi devenir le mien : la vie est très bonne mais ce n’est pas nous qui sommes la vie ; la vie, ce sont les autres.

Prendre la rue pour un spectacle qui m’était réservé, comme je le faisais à l’époque, eut une conséquence terrible pour moi. Comme je ne faisais qu’examiner les passants et, qui plus est, d’un œil critique et dédaigneux plutôt qu’avec sympathie, je pensais automatiquement qu’ils en usaient de même avec moi. Chaque fois que quelqu’un me suivait des yeux, il me semblait que son regard était critique et réprobateur et qu’il trouvait quelque chose à redire. Mais comme j’interprétais ainsi chaque regard, je me mis à redouter qu’il y eût effectivement une foule de choses à redire sur moi. Je craignais que mes vêtements fussent salis, ou en désordre, ou de promener partout, sans m’en rendre compte, une mine contrariée. Dans ma jeunesse, j’exprimais cet état d’une manière très juste en disant que je me sentais comme si je « portais accrochée au cou une corneille morte ». On eût dit que tout le monde voyait pendouiller cette corneille et que moi seul je n’eusse pas conscience de ce fait scandaleux. Le pire, c’était quand des filles me suivaient des yeux ; en effet, loin de songer à poursuivre les filles d’un regard admiratif, je ne faisais que guetter le ridicule également chez les femmes, si bien que j’admettais forcément qu’elles en usaient de même avec moi. Je n’étais sans doute ni particulièrement beau ni particulièrement laid, de sorte que les filles ont dû parfois me jeter des regards de sympathie ; mais même les bons regards, je ne pouvais voir en eux que l’expression de la critique et du mécontentement. Chaque sourire me paraissait moqueur et méprisant ; il va de soi que je ne souriais pas en retour.

Or, si j’ai comparé plus haut la vie avec le cinéma et qui dit que nous regardions la vie comme un film, je m’empresserai d’ajouter qu’au cinéma nous ne nous laissions jamais personnellement mettre en cause. Mes parents, qui aimaient bien aller de temps en temps au cinéma, classaient cependant, au départ, les films en deux catégories il y avait les « moroses » et les « loufoques ». La chose se présentait de la façon suivante : un film était « morose » quand on y montrait les côtés tristes, désespérés ou inharmonieux de l’existence. Ces films ne plaisaient pas à mes parents ; ils trouvaient qu’il valait mieux ne pas montrer du tout ce genre de films car, « en fait, la vie n’était pas du tout comme ça ». Ils partaient du postulat que la vie ne pouvait vraiment pas être aussi noire que dans un film de ce genre « morose » et, par conséquent, que ce film était, au fond, fantaisiste, et inutilement pessimiste. Pour l’auteur, ce n’était pas un mérite que de ne montrer que la méchanceté, la noirceur et la tristesse.

Les autres films étaient « loufoques », c’est-à-dire comiques, mais d’une manière tout aussi fantaisiste que les « moroses » étaient tragiques. « En fait, la vie n’était pas du tout », non plus, telle qu’on la représentait dans les films « loufoques ». Ainsi les deux genres étaient caractérisés par le fait qu’ils représentaient quelque chose de complètement fantaisiste et impossible, à quoi l’on ne pouvait et ne devait donc pas s’identifier. Une subdivision des films « moroses » était constituée par les « russes ». Ceux-là n’étaient pas réalistes non plus car on y traitait constamment des problèmes de l’âme et « alors vraiment, la vie n’était pas du tout comme ça ». Comme mes parents n’étaient pas habitués à discourir sur les tourments de l’âme, ces personnages qui ne faisaient jamais rien d’autre devaient leur paraître étranges et même invraisemblables. Peut-être bien que les « Russes », ce peuple exotique et parfaitement inconcevable sous nos latitudes, parlaient de l’âme mais ce sujet, dans notre monde, n’était pas pensable.

Je ne saisis que beaucoup plus tard, et soudainement, combien peu fantaisistes étaient les films que mes parents trouvaient « moroses », « loufoques » ou « russes ». Tous présentaient — naturellement sous les masques et dans le style choisis pour chacune de ces productions — toujours les mêmes problèmes essentiels de l’humanité, que l’on rassemble sous le nom collectif de « vie ». Si, la plupart du temps, ce que vivaient les personnages de cinéma était souligné de façon théâtrale, tout ce qui leur arrivait de comique, de tragique ou tout bonnement de « russe » n’était nullement absurde en fin de compte et pouvait arriver à quiconque de manière toute semblable. Ce n’était qu’à nous que cela ne devait pas arriver ; ce n’était que pour nous que cela, eh bien, ce n’était rien-que-du-cinéma. L’amour, la haine, la passion, la violence, la folie, la dépravation, le meurtre et l’assassinat, mais aussi le ridicule, les situations pénibles, la filouterie, la duperie de plus bête que soi. L’impudence, la séduction, le charme, la faiblesse, les faux pas, la bohème, le vice, tout cela n’était pour nous que cinéma ; dans la vie, rien de tout cela n’existait pour nous. Peut-être les « Russes » étaient-ils ainsi — mais pas nous. A vrai dire, cela ne faisait plus aucune différence que nous regardions un film au cinéma ou les gens autour de nous. L’effet était le même : ce qu’on voyait n’était en aucun cas un reflet de nous-mêmes. Nous regardions la vie comme si c’eût été un film ; mais même au cinéma nous ne voulions pas admettre que dans le film il fût question de la vie.

Bonne nuit.

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Un commentaire pour Fritz Zorn : « simplement, être dans la vie, cela, nous ne le voulions pas »

  1. Cédric dit :

    Merci. J’ajoute à ma liste…

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