Les conséquences du mérite

Chaque week-end, il faut lire le billet hebdomadaire de Juan, alias Sarkofrance. C’est une synthèse, ou un rattrapage, toujours utile, sur l’actualité politique française. La boutique est ici, les coulisses sont . J’admire sa constance, sa profondeur et sa lucidité.

Le thème de la semaine dernière, billet daté du samedi 3 mars 2018, c’était « le statut des riches » . Le billet fait un tableau assez complet des différents privilèges de l’oligarchie française, comment elle s’auto-légitime, s’auto-congratule et se perpétue. Tout en condamnant, par idéologie, tous les « statuts » qui perdurent encore chez les humbles, cheminots et autres.

Mais en lisant ce billet, il m’a semblé qu’il manque un mot, un mot magique de l’attirail idéologique dominant contemporain, le mot qui justifie le statut des classes supérieures contemporaines : le « mérite ».

Un mot dont je voulais dire quelques mots depuis longtemps, et surtout depuis des lectures récentes.

Méritocratie et oligarchie

Les sociétés contemporaines prétendent être des démocraties. Elles prétendent aussi être, avec peut-être même plus de vigueur, des méritocraties.

L’oligarchie se cache derrière la méritocratie.

Les hiérarchies, les inégalités, les dominations sont constamment justifiées par l’idée du mérite.

La force de l’idée du mérite, c’est qu’elle semble être une évidence. Comme beaucoup de fausses bonnes idées d’ailleurs. Comme beaucoup de ressorts idéologiques. Le mérite, la récompense du mérite, c’est un truc qui ne se discute pas — ou alors difficilement. Qui peut être contre ? Qui peut oser soutenir le contraire ? Vous êtes pour les mauvais, les nuls, les fainéants ?

Le slogan le plus efficace du petit président élu en 2007 (celui qui a donné son nom au blog de Juan) c’était « Travailler plus pour gagner plus » : qui aurait osé proposer « Travailler plus pour gagner moins » ? Et aujourd’hui en 2018, proposer de payer les professeurs « au mérite » passe très bien. C’est du bon sens ! Ça serait normal ! Pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt ?

La méritocratie est pour moi un mythe. Une illusion. Une chimère. J’ai été élevé dans l’idée que mon pays était une méritocratie : j’ai mis longtemps à comprendre à quel point cela est faux, à quel point les dés sont pipés, à quel point le « système » est verrouillé. J’ai cru aussi naïvement que le monde merveilleux de l’entreprise était une méritocratie ; j’ai mis un certain temps à comprendre que c’est une illusion. Typiquement, les augmentations salariales individuelles « au mérite » sont d’abord un outil pour casser tout vélléité de collectif, tout esprit de solidarité ; et ensuite pour encourager la docilité et décourager l’initiative. Je m’égare. Je ne vais pas me lancer ce soir dans le démontage du mythe ; je l’ai déjà ébauché, j’y reviendrai sûrement, et d’autres l’ont fait infiniment mieux que moi. Ce n’est pas le sujet.

Le sujet c’est que, à tort ou à raison, cette société, notre société contemporaine, se définit comme une méritocratie. Une immense majorité de la population est convaincue que cette société est une méritocratie. Et tout est fait pour l’en convaincre.

Le problème de la méritocratie, réelle ou supposée, est qu’elle légitime toutes les fractures.

Le discours sur le « mérite » va avec le discours sur les « gagnants ». Les « gagnants » sont les « méritants », forcément. La réussite n’est qu’une question de « volonté », de « talent », d' »énergie ». Tout ça n’est qu’un jeu, auquel tout le monde peut participer, avec des chances égales. Il suffit d’être méritant. Tout le monde peut devenir milliardaire, ce n’est qu’une question de volonté. Ceux qui échouent n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ceux qui réussissent ne le doivent qu’à eux-mêmes. Honneur aux gagnants, malheur aux perdants ! Tout pour les méritants, rien pour les autres. Winner takes all, vae victis, average is over, etc.

Et à la fin, les classes supérieures sont persuadées qu’elles ont « mérité » leurs privilèges. Et elles entretiennent de nombreux courtisans — économistes, journalistes, politiciens — chargés de le proclamer, encore et encore. Et la majorité de nos contemporains en sont persuadés. L’ordre est juste. Les privilèges sont mérités. Les privilégiés ont « mérité » leurs privilèges. Les bonus seront payés. Le mérite, vrai ou faux, réel ou acheté, justifie tout. On pourrait ainsi reprendre le billet de Juan, et, à chaque paragraphe, à chaque privilège, attacher de doctes discours expliquant la légitimité du privilège par le « mérite ». Des pages et des pages de « c’est normal ! », « c’est bien légitime ! », et in fine « c’est mérité ! ».

Méritocratie et démocratie

Il y a quelques semaines, j’ai achevé la lecture du pavé d’Emmanuel Todd intitulé « Où en sommes-nous ? ». C’est un livre dense, vibrionnant. Il y a des chapitres entiers qui m’ont laissé pantois, parce que je n’ai pas la culture ou le recul nécessaires — par exemple sur l’histoire des religions, sur l’histoire du judaïsme en particulier. Et puis il y a des chapitres plus à ma portée. J’ai déjà cité sa démonstration du caractère criminel des politiques de libre-échange pour des régions entières de ce qu’on appelait jadis « les pays riches ». Il faudrait que je rende compte aussi de son triste diagnostic sur la cohérence inégalitaire de l’Union Européenne.

Todd parle beaucoup d’éducation, des systèmes éducatifs devenus filtres incontournables et impitoyables (« Academia ») et de « méritocratie ». Il expose certaines des impasses où la méritocratie (réelle ou supposée) a amené certains « pays avancés ». Il explique longuement les contradictions entre démocratie (qui présuppose une idée d’égalité) et méritocratie (qui casse l’idée d’égalité). Chapitre 12, notamment : « La démocratie minée par l’éducation supérieure ».

Et il cite longuement un auteur britannique oublié, qui semble avoir compris il y a plus de soixante ans l’ampleur des conséquences du mérite, à une époque où le mérite était encore une idée neuve — et où les oligarchies avaient d’autres justifications, typiquement dans le très aristocratique Royaume-Uni de sa très gracieuse majesté.

Michael Young (1915-2002), britannique, avait dès 1958 anticipé les implications du principe méritocratique, que l’on s’acharne toujours en France à présenter comme par nature égalitaire et républicain. The Rise of the Meritocracy se présente comme un roman d’anticipation écrit en 2033, dans lequel l’auteur décrit la stratification sociale effroyable qui a résulté du tri scolaire systématique de la population : « Selon les nouvelles règles, la division entre les classes s’est révélée plus forte qu’elle n’était selon les anciennes ; le statut des classes supérieures est désormais plus élevé, celui des classes inférieures plus bas. Tout historien sait que le conflit de classe était endémique à l’époque antérieure au règne du mérite, et pourrait s’attendre, au vu de cette expérience passée, à ce que l’abaissement rapide du statut d’une classe sociale mène nécessairement à l’aggravation des conflits. D’où la question : pourquoi les changements du siècle dernier n’ont-ils pas mené à une telle situation ? Pourquoi la société est-elle stable en dépit du gouffre qui s’élargit entre le haut et le bas de la société ? La raison fondamentale en est que la stratification sociale est désormais en accord avec l’idée de mérite, acceptée à tous les niveaux de la société. Il y a un siècle, les classes inférieures avaient leur propre idéologie — dans ses traits essentiels, celle qui est aujourd’hui devenue dominante — et elles pouvaient l’utiliser pour progresser elles-mêmes et pour attaquer leurs dominants. Elles niaient la légitimité de la position des classes supérieures. Mais avec le principe nouveau, les classes inférieures ne peuvent plus avoir une idéologie spécifique s’opposant à l’ethos social dominant, pas plus que les ordres inférieurs n’en avaient à l’âge d’or du féodalisme. Dans la mesure où, en bas comme en haut de la société, on admet que le mérite doit régner, les membres des classes inférieures peuvent tout au plus chicaner sur la manière dont la sélection a été effectuée, mais non s’opposer à une norme à laquelle tous adhèrent. Rien de choquant à ce stade. Nous faillirions cependant à notre devoir de sociologue si nous nous dérobions au moment de souligner que l’acceptation généralisée du mérite comme arbitre ne peut que condamner au désespoir et à l’impuissance tous ceux, et ils sont nombreux, qui n’ont pas de mérite. »

J’ai été très frappé, quelques jours après avoir terminé le livre de Todd, de découvrir dans « The Economist » une longue évocation de Michael Young et du caractère visionnaire de « The Rise of the Meritocracy ». C’était dans la tribune « Bagehot » (correspondance hebdomadaire sur le Royaume-Uni), dans l’édition papier datée du 10 février 2018, sous le titre « Meritocracy and its discontents » . Si Emmanuel Todd et « The Economist » partagent une telle référence, ça n’est pas anodin. Voici quelques extraits (la traduction en français n’engage que moi) :

After much searching, Bagehot has found a book that at last explains what is going on in British politics. This wonderful volume not only reveals the deeper reasons for all the bizarre convulsions. It also explains why things are not likely to get better any time soon. The book is Michael Young’s « The Rise of the Meritocracy » — and it was published 60 years ago this year.

Young argued that the most significant fact of modern society is not the rise of democracy, or indeed capitalism, but the rise of the meritocracy, a term he invented. In a knowledge society the most important influence on your life-chances is not your relationship with the means of production but your relationship with the machinery of educational and occupational selection. This is because such machinery determines not just how much you earn but also your sense of self-worth.

Après beaucoup de recherches, Bagehot a trouvé un livre qui explique enfin de ce qui se passe dans la politique britannique. Ce merveilleux volume ne révèle pas seulement les raisons profondes de toutes ces convulsions bizarres. Il explique aussi pourquoi il est peu probable que ça aille bientôt mieux. Ce livre est « L’émergence de la méritocratie » — et il a été publié il y a exactement 60 ans.

Young affirme que l’événement le plus important de la société moderne, n’est ni l’émergence de la démocratie ou du capitalisme, mais l’émergence de la méritocratie, un mot de son invention. Dans une société de la connaissance, ce qui a le plus d’influence sur vos perspectives dans la vie n’est pas votre rapport aux moyens de production, mais votre rapport à la sélection scolaire et professionnelle. Parce que cette machinerie détermine non seulement ce que vous gagnez, mais aussi votre sentiment de votre propre valeur.

Today, the top 10% of households own 44% of the wealth. That said, however, it is impossible to look at the country without seeing Young’s dystopian meritocracy everywhere. Parents agonise about getting their children into the right schools and universities. The public sector is run by manager-despots who treat their workers as « human resources ». The number of MPs with working-class origins has shrunk to about 30. The penalty for failing exams is rising inexorably. The proportion of working-age men without qualifications who are « not active in the labour force » is more than 40% today compared with 4% two decades ago.

Some of the biggest changes in recent decades have made the meritocracy even more intolerable than it was in the glory days of the 11-plus. One is the marriage of merit and money. The plutocracy has learned the importance of merit: British public schools have turned themselves into exam factories and the children of oligarchs study for MBAs. At the same time the meritocracy has acquired a voracious appetite for money. The cleverest computer scientists dream of IPOs, and senior politicians and civil servants cash in when they retire with private-sector jobs. A second is supersized smugness. Today’s meritocrats are not only smug because they think they are intellectually superior. They are smug because they also think that they are morally superior, convinced that people who don’t share their cosmopolitan values are simple-minded bigots. The third is incompetence. The only reason people tolerate the rule of swots is that they get results. But what if they give you the invasion of Iraq and the financial crisis?

(…) The tension between the meritocrats and the masses that Young described is driving almost all the most important events in British politics. It drove Brexit: 75% of those with no educational qualifications voted to leave while a similar proportion of those with university degrees voted to stay. It is driving Corbynism, which is, among other things, a protest against identikit politicians who promised to turn Britain into a business-friendly technocracy and ended up with stagnant wages. Older Brexiteers bristle at the cosmopolitan elites who sneer at traditional values. Young Corbynistas are frustrated by the logic of meritocracy. They cannot join the knowledge economy unless they go to university and move to a big city, but universities cost money and big cities are expensive.

Aujourd’hui, 10% des ménages possèdent 44% de la richesse. Ceci étant dit, il est impossible de regarder le pays sans voir partout à l’oeuvre la méritocratie dystopique de Young. Des parents feraient n’importe quoi pour envoyer leurs enfants dans les bonnes écoles et les bonnes universités. Le secteur public est dirigé dans des despotes qui traitent les travailleurs comme des « ressources humaines ». Il n’y a plus qu’une trentaine de députés issus de milieux ouvriers. Les conséquences d’un échec aux examens scolairs sont de plus en plus dramatiques. Le proportion d’hommes en âge de travailler, mais sans qualifications, et qui se retrouvent exclus de la population active, est aujourd’hui supérieure à 40% : elle n’était que de 4% il y a deux décennies.

Certains grands changements récents ont rendu la méritocratie encore plus intolérable qu’elle ne l’était à l’époque de Young.

  • Un de ces changements, c’est le mariage du mérite et de l’argent. L’oligarchie a appris l’importance du mérite : les écoles privées britanniques sont devenues des usines à préparer les examens, et les enfants des oligarques passent des MBAs. Dans le même temps, la méritocratie a développé un appétit vorace pour l’argent. Les informaticiens les plus malins rêvent d’introductions en bourse, et les politiciens chevronnés et les hauts fonctionnaires terminent leurs carrières en allant faire du fric dans le privé.
  • Un deuxième changement, c’est une exubérante suffisance. Les méritocrates d’aujourd’hui ne sont pas juste suffisants parce qu’ils se croient intellectuellement supérieurs. Ils sont suffisants parce qu’ils se croient moralement supérieurs, parce qu’ils sont convaincus que les gens qui ne partagent pas leurs valeurs cosmopolites sont des abrutis et des idiots.
  • Un troisième changement, c’est l’incompétence. La seule raison pour laquelle les gens tolèrent le règne des premiers de la classe, c’est parce qu’ils amènent des résultats. Mais que se passe-t-il quand ils vous donnent l’invasion de l’Irak et la crise financière ?

(…) La tension entre les méritocrates et les masses telle que décrite par Young est à l’origine de presque tous les événements importants de la politique britannique. Elle a nourri le Brexit : 75% de ceux sans qualifications scolaires ont voté pour quitter l’UE, tandis qu’une proportion similaire de diplômés de l’université ont voté pour rester dans l’UE. Elle nourrit le corbynisme, qui est, entre autres, une protestation contre ces politiciens en kit qui promettaient de faire du Royaume-Uni une technocratie favorable aux affaires, et qui ont donné la stagnation des salaires. Les Brexiters plus âgés détestent les élites cosmopolites qui méprisent les valeurs traditionnelles. Les jeunes fans de Corbyn sont frustrés par la logique de la méritocratie. Ils ne peuvent pas participer à l’économie de la connaissance sans aller à l’université, puis déménager dans une grande ville ; mais les universités sont payantes, et les grandes villes sont chères.

Que dire de plus ? L’ambition de ce billet n’est que de prolonger la réflexion de Juan, d’interroger ce qui légitime en profondeur la situation navrante qu’il décrit (« le mérite »), et de partager cette étrange convergence entre Emmanuel Todd et The Economist.

Exubérance

Pour l’anecdote, The Economist avait consacré au moins un autre article à Michael Young, intitulé « Meritocracy and its discontents » (dans les archives électroniques) en date du 5 octobre 2006 — c’est-à-dire quelques mois avant le début de l’effondrement général de l’économie mondiale ; six mois après cette une qui semble maintenant délirante « On top of the world. Goldman Sachs and the culture of risk » .

La tonalité de cet article de 2006 est bien différente de celle de celui de 2018, parlant pourtant du même livre publié en 2018. Je ne citerai que la conclusion :

The success of advanced economies is increasingly dependent not on their physical capital but on their capacity to mobilise their citizens’ brainpower. The rise of a global meritocracy offers all sorts of benefits, from higher growth in productivity to faster scientific progress. It can boost social mobility and allow all sorts of weird and wonderful talents to bloom. The talent wars may be a source of trepidation for companies and countries. But they should also be a cause for celebration.

Le succès des économies avancées dépend de manière croissante non seulement de leur capital physique, mais aussi de leur capacité à mobiliser les cerveaux de leurs citoyens. L’émergence d’une méritocratie mondiale offre toutes sortes d’avantages, depuis une plus grande croissance de la productivité jusqu’à un progrès scientifique accéléré. Elle peut décupler la mobilité sociale, et permettre à toutes sortes de talents bizarres et merveilleux de prospérer. La guerre des talents peut être une source d’inquiétude pour les entreprises et les pays. Mais elle devrait être aussi célébrée.

Toute une époque, comme disait Raoul Volfoni. Douze ans…

Le problème du discours sur le mérite, comme du discours sur le jeu et le sport, c’est qu’il légitime l’idée qu’il doit y avoir des perdants. Il faut qu’il y ait des perdants pour qu’il y a des gagnants. Il faut qu’il y ait des « déméritants » pour qu’il y ait des méritants. Il faut qu’il y ait des gens malheureux pour qu’il y ait des gens heureux. Diabolique, du grec dia-ballein : couper en deux.

Et les perdants et les malheureux ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes : ils ont démérité. Ils ont mérité leur triste sort, ils ont mérité leur infériorité et leur malheur. Ils devraient avoir honte d’exister !

Civilisation

La question à poser à ce système est toujours (elle est récurrente sur ce blog) : que fait-on des perdants ? Elle me hante. Je n’ai pas de nouvelle réponse ce soir. Je ne sais pas. Thèse, antithèse, synthèse : démocratie, méritocratie, quelle synthèse ? Je ne sais pas. Pourquoi faut-il qu’il y ait des perdants ? Je n’ai pas de réponse, je n’ai que des pistes. Je repense à des phrases que j’ai déjà écrites, à propos du premier livre de l’auteur de « Extension du domaine de la lutte » :

Qu’est-ce que c’est que cette civilisation où, au fond, la lutte pour la vie, la lutte pour la survie, la lutte sous toutes ses formes, la lutte étendue à toutes les dimensions de l’existence, est encore le ressort essentiel ?

J’espère qu’une issue sera trouvée sinon tout ça finira très mal.

Je reviens à cette formule d’Emmanuel Todd, encore lui, que j’avais commentée en septembre 2017 :

Une société ne peut pas vivre en partant du principe que seul son tiers supérieur a une valeur sociale.

Bonne nuit.

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Un commentaire pour Les conséquences du mérite

  1. Jules Walser dit :

    Excellent billet, comme d’hab. Ce qui est étonnant, c’est qu’il commence à y avoir de plus en plus de gens éduqués (largement) qui font désormais partie des perdants. Ce qui me désole, c’est que cela ne change rien dans notre pays de vieux qui ne meurent jamais.
    Par exemple, je suis au RSA après des études supérieures, une assez longue expérience dans le monde du travail…
    Pourtant, je vomis cette méritocratie et tant que le RSA existera (ce qui n’est pas gagné), je continuerais à vivre pauvre, méchant, penseur, écrivain que sais-je encore, sans la moindre velléité de gagner le moindre mérite qui me dégoûte au plus haut point.
    On me traite de fainéant, souvent, so be it! On ne veut plus de moi en France, okay, je vais aller dans un autre pays, l’un de ceux où tout est possible pour n’importe qui (comme une femme qui vend des pâtes sauce tomate sur Facebook, livrées à domicile : je sais, c’est dément). Et où personne ne vient fourrer son nez dans les affaires des autres.
    Ce sont des pays remplis de jeunes connectés, les vieux au-delà de 60 ans sont mourants, riches comme pauvres. Des pays bordéliques où l’on fait tout et n’importe quoi, des villes gigantesques où le moindre talent peut être exploité car il y a suffisamment de gens pour qu’au moins, quelqu’uns soient attirés par ce talent (aussi petit et étrange soit-il).
    Vous me direz : mais ce sont des pays de merde, regardez la politique, les conditions de vie, gnagnagna… Regardez le nôtre, il est simplement plus vieux, mieux habillé avec de bonnes manières et une incroyable croyance dans le fait que nos dirigeants (politiques et économiques, ou plutôt dans l’autre sens) sont supérieurs aux autres, car ils ont « réussi » (mensonge suprême).

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