Romaric Godin et le néolibéralisme dans les têtes

Le livre de Romaric Godin intitulé « La guerre sociale en France : Aux sources économiques de la démocratie autoritaire » est très intéressant. Je le recommande vivement.

Ce livre est sorti en septembre 2019 aux Éditions La Découverte. Je l’ai lu en novembre 2019, quelques semaines avant les débuts du mouvement d’opposition généralisée à la « réforme des retraites » voulue par le régime Macron.

C’est un livre essentiel, d’abord par son titre : La guerre sociale. Il est essentiel de bien comprendre que ce qui se passe en France depuis des années, ce qui s’est intensifié à partir du printemps 2017, c’est une guerre. C’est une guerre civile. Avant l’écrasement des gilets jaunes à l’hiver 2019, avant l’écrasement des révoltés contre le pillage des retraites en cet hiver 2020, c’était déjà une guerre. Et cette guerre continuera. Parce que c’est une guerre au nom d’une idéologie, au nom d’un idéal, au nom d’une vision du monde : le néolibéralisme.

J’ai souvent cité des articles de Romaric Godin dans ce blog, typiquement le cardinal 13 juillet 2015. De larges extraits et explications sont disponibles un peu partout, notamment au travers de longues interviews données par l’auteur, par exemple chez les camarades infiltrés, ou sur le vénérable Le Vent Se Lève. Mais je vous encourage à lire directement le livre lui-même. Et je vous encourage aussi à lire ses articles sur Mediapart, semaine après semaine.

Ce livre est une synthèse sur le néolibéralisme. On parle souvent de néolibéralisme, sans bien comprendre les différences avec le libéralisme tout court, avec l’ultra-libéralisme, ou encore, plus près, avec l’ordo-libéralisme. Surtout ne pas croire que le néolibéralisme n’est que le vieux libéralisme rajeuni — en un sens, le néolibéralisme a tué le libéralisme.

Une des définitions du néolibéralisme données par Romaric Godin est :

C’est un ensemble de pratiques visant à redonner la priorité au capital, et qui s’insère, avec plus ou moins d’intensité, dans les cultures diverses des économies de la planète. Ainsi il peut différer largement des textes fondateurs, tout en conservant certains traits particuliers comme le besoin de l’État réduit au rôle d’organisateur des marchés, la croyance dans la justice des mécanismes de marché, la méfiance dans la notion de justice sociale et la priorité donnée au capital sur le travail. Pour résumer, le néolibéralisme est surtout le « mode d’existence du capitalisme contemporain ».

Ce livre est composé de cinq chapitres. Les chapitres 2, 3 et 4 parcourent l’histoire de la France de ces dernières décennies, et expliquent pourquoi et comment le néolibéralisme, inventé à la fin des années 1930s, en partie en réaction à la grande crise de 1929, n’a que lentement percé en France. Par opposition, par exemple, à la trajectoire impériale de l’ordo-libéralisme en République Fédérale d’Allemagne ; ou encore, par opposition à ce qui s’est passé au Royaume-Uni et aux États-Unis à partir des années 1970s.

Il donne les dates-clefs – parmi les plus récentes : 2007, 2010, 2017. Il nomme les personnages importants — certains étant plus importants qu’on ne le croit, par exemple Jacques Attali. Il raconte aussi des moments emblématiques oubliés ou méconnus — par exemple ces sommets de propagande télévisuelle que furent l’émission « Vive La Crise » animée en 1984 par Yves Montand, ou la publicité pour la privatisation de la Compagnie Financière de Suez en 1987 avec Catherine Deneuve.

La longue marche du néolibéralisme en France

Je connais assez bien l’Histoire contemporaine, mais j’ai néanmoins beaucoup appris avec ce livre sur cette Histoire. Par exemple, je sous-estimais la profondeur, l’importance et la durée de la Commission Attali, auto-proclamée « pour la libération de la croissance » , installée en 2007, et dont le rapporteur était un certain Emmanuel Macron. Je pensais que cette commission avait arrêté ses travaux au bout de quelques mois. Je me rappelais que Macron avait rejoint Rothschild en septembre 2008 (à quelques jours près, le jour de la chute de Lehman Brothers). J’ignorais que cette commission avait œuvré jusqu’en 2010.

De même, cette même année 2010, j’ignorais l’importance de la « promenade de Deauville » du 18 octobre 2010, réunissant Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui marque le basculement définitif dans la soumission à l’ordo-libéralisme de la CDU.

Bref, le livre de Romaric Godin raconte l’histoire du néolibéralisme en France, sa progression compliquée, limitée, parfois paradoxale, puis de plus en plus décomplexée, jusqu’à cette apogée, cette métastase appelée le régime Macron. Il est essentiel pour comprendre ce que porte le régime Macron. Il est essentiel pour comprendre que l’ « extrême-centrisme » est potentiellement le pire des extrémismes.

Mais ce qui m’a le plus frappé c’est le premier chapitre.

Ce premier chapitre est une plongée dans la tête, dans les têtes, dans des millions de têtes, y compris la mienne, dans les têtes infiltrées par le néolibéralisme, remplies par les paradigmes néolibéraux, pilotées par les réflexes néolibéraux. Ce chapitre décrit la pensée néolibérale en action, ses présupposés, ses évidences, ses rengaines. Ce chapitre est très, très fort.

Ce chapitre pourtant assez court est plus accessible que le monumental « Le Nouvel Esprit du Capitalisme » de Luc Boltanski et Eve Chiapello (que, non, définitivement, je n’arrive pas à finir). Et je n’ai pas encore lu « La Société Ingouvernable » de Grégoire Chamayou, il parait que c’est aussi impressionnant, mais je m’égare. Ou « Il faut s’adapter » de Barbara Stiegler. Ou d’autres. Ce qui manque le plus, c’est le temps.

Ce qu’il y a dans ce premier chapitre de Romaric Godin, c’est que j’entends moi, ce que j’ai entendu, ce que j’ai toujours entendu, ce que j’entends encore, tout le temps, depuis toujours. Et ce que je redoute d’entendre encore et toujours jusqu’à la fin de mes jours. Des refrains qui imprègnent, qui tordent la mélodie de l’époque, qui prennent en otage l’esprit du temps, la Zeitgeist. Le discours qui domine, le discours des dominants, le discours qui nous tient.

C’est la vision du monde dans laquelle j’ai été élevé, dans laquelle j’ai grandi, à laquelle j’ai jadis cru, dans laquelle je travaille, avec laquelle vivent et pensent la plupart de mes proches – et à laquelle, personnellement, non seulement je ne crois plus, mais que je vomis.

C’est toutes sortes de slogans, de fausses évidences, d’affirmations supposées indiscutables.

Quelques exemples dans le désordre : « On est dans le Réel. »  « C’est comme ça. » « Ça a toujours été comme ça. » « C’est normal. » « C’est naturel. » « On n’a que ce qu’on mérite. » « C’est comme dans le sport, y a des gagnants et y a des perdants. » « Moi je suis dans le Réel. » « Tous des assistés. » « Vae victis. » « Il n’y a pas d’alternative. » « Faut se battre. » « Le privé c’est plus efficace. » « Y a qu’être compétitif. » « Faut libérer les énergies. » « Les fonctionnaires c’est tous des planqués et des feignants. » « Y en a marre des inutiles. » « C’est les entreprises qui créent les vrais emplois. » « C’est ça le Réel ! »

Le Réel

Ça fait longtemps que j’ai compris que tout cela était lié, toutes ces imprécations, tous ces présupposés, tous ces slogans. Ce n’est pas la première fois que je lis une mise en perspective de tout cela. Mais la mise en perspective, la présentation du grand roman néolibéral que réalise Romaric Godin dans le premier chapitre de son livre, c’est la plus limpide que j’ai lue. C’est son immense mérite : remettre tout ça en ordre.

C’est ce que nous avons tous dans la tête, c’est ce qu’on nous a mis dans nos têtes, à des degrés divers et avec des succès divers, depuis des décennies, à longueur de médias, fictions, non-fictions, mises en scène, répétitions, exaltations. C’est que j’ai encore dans la tête, ce que j’aurai probablement dans la tête jusqu’à la fin de mes jours.

Un jour tout cela semblera juste ridicule, mais en attendant c’est dans nos têtes.

La Justice

Le néolibéralisme se définit d’abord comme une exigence de justice. Là où j’entends « c’est le réel », Romaric Godin entend « c’est la justice ». Mais c’est la même chose. La clef de voûte est là. La prétention que le seul Réel, c’est le Marché ; la prétention que la seule Justice, c’est le Marché.

Ce centrisme suppose un changement radical de société où désormais le marché devient le centre des rapports humains. Dans la vision néolibérale, toute la société doit être marchandisée, parce que, précisément, le marché est la plus juste des institutions humaines. Dès lors, le champ du marché n’est pas seulement celui de l’économie mais aussi celui de la culture.

Cette extension du domaine du marché est essentielle pour les néolibéraux. Ils partagent avec les autres libéraux (ce qui les rapproche) un point de départ commun : la certitude que le marché, en tant que seule source de la valeur, dit la « vérité » et la « justice ». Certes, la vision néolibérale a une conception moins « métaphysique » de cette vérité que les libéraux, qui voient dans les équilibres de marché une forme de transcendance et de loi naturelle. Ici, le marché est un outil, humain et matériel, donc imparfait, mais le seul capable de dire ce qui est juste et bon pour les hommes. Pourquoi ? Parce que seul le marché permet la confrontation « neutre » des intérêts en fixant un équilibre, par le prix, entre les désirs de tous à un moment donné. (…)

Le néolibéralisme construit des structures institutionnelles capables de porter les marchés, c’est-à-dire, de son point de vue, la justice, dans toute la société.

Ils y croient. Ils y croient vraiment ! Et qu’importent les faits !

Qu’importe qu’on observe un niveau ahurissant d’inégalités, d’accaparements et d’injustices ! Il suffit d’ouvrir les yeux pour les voir. Et pourtant, pour les néolibéraux, qui tiennent ce petit monde, prétendent agir au nom de la Justice. Sincèrement. La Justice. Avec un grand J.

Qu’importe que les marchés de toutes sortes – en particulier les fameux marchés financiers – soient truffés d’inefficacités, d’absurdités et d’injustices ! Il suffit d’ouvrir les yeux pour les voir. Et pourtant, pour les néolibéraux, le Marché c’est la Justice. Avec un grand M et un grand J.

Le néolibéralisme est un discours intolérant, parce qu’il résiste aux faits, et parce qu’il ne supporte pas d’alternative. Il revendique d’être le Réel. Le Réel avec un grand R et au singulier. Il n’y a pas de place pour une autre idéologie. Il n’y a pas de place pour un autre réel. Il revendique d’être la Justice. La Justice avec un grand J et au singulier.

La Science

Le néolibéralisme revendique aussi d’être l’efficacité. Et il revendique surtout, depuis les années 1980s, d’être la Science, d’être la Vérité Scientifique de la Science Économique. Là encore, c’est moi qui rajoute les majuscules. Romaric Godin raconte comment, à la faveur des évolutions et des changements de rapports de force et d’équilibre entre les divers courants de pensée économique (néo-classiques, néo-keynésiens, etc), le néolibéralisme a pris le pouvoir, et a entrepris de décider qu’il est la seule Science Economique. Et il a entrepris d’excommunier toute pensée hétérodoxe, alternative, différente.

Pour ce « centrisme » néolibéral, la nécessité de transformer la société par le marché n’est plus simplement une exigence d’efficacité et de justice, c’est aussi une croisade pour la vérité, une lutte contre l’obscurantisme, car il est convaincu de s’appuyer sur une vérité scientifique. (…)

Les [anciennes] élites politiques se sont retrouvées face à une technocratie économique, culturelle et administrative, les enjoignant de se soumettre à la réalité, à la modernité et à la vérité. Le combat politique devait changer de nature, car il devenait difficile de prétendre défendre des politiques que la science récusait, sauf à accepter de « mentir ». Tout réalisme devenait un néolibéralisme, la révolution scientifique une révolution politique. (…)

Tous ceux qui s’opposent au libéralisme n’expriment plus alors une opinion, ils s’opposent à la « vérité », ils trompent le peuple.

Encore une fois, une des grandes erreurs est de voir le néolibéralisme comme un centrisme, un compromis, un pragmatisme, un discours modéré, tolérant ou accommodant. Il n’est rien de tout ça. C’est un extrémisme. C’est un intégrisme. Il prétend être le Réel. Il prétend être la Justice. Il prétend être la Vérité.

Le caractère radical de ce centrisme puise là sa source. À présent, ceux qui s’opposent à cette marche du monde ne sont pas seulement des opposants politiques, mais des adversaires de la justice et de la vérité, des obscurantistes, des égoïstes ou des ignorants. Or ce sont ceux-là qui peuvent défendre une conception plus centrale du travail face au capital. Cette évolution de la pensée est un élément central qui va justifier toutes les dérives. Et donner un nouveau rôle à l’État.

L’État

Les néolibéraux ne rejettent pas entièrement l’État, contrairement aux ultra-libéraux et autres libertariens. Certes, ils rejettent l’État qui se mêle de « ce qui ne le regarde pas » — la production de biens et de services, mais aussi les services publics, la santé, l’éducation, les réseaux d’énergie et de communication, les infrastructures, bref in fine à peu près tout — mais le privé est tellement plus efficace, forcément plus performant !

Ils veulent un État fort – au service du Capital.

Ils veulent un Etat fort – capable d’arracher les individus à toutes leurs racines, leurs attachements, leurs solidarités et leurs coopérations, pour les jeter dans la compétition, pour les livrer au Marché.

Car le Marché, répétons-le, est la seule Justice. La Justice, c’est livrer des particules élémentaires au Marché. La Justice, c’est mettre tout le monde en concurrence avec tout le concurrence. La Justice, c’est que la Vérité du Marché détermine les gagnants et les perdants. La Justice, c’est la guerre de tous contre tous, et malheur aux vaincus, aux perdants, aux minables.

Michel Houellebecq laissera de nombreuses formules à la postérité, mais sa plus forte est peut-être sa plus ancienne, elle date de 1994 :

Le libéralisme économique, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société.

La démocratie

Les néolibéraux cachent de moins en moins que leur Etat fort n’a pas besoin d’être démocratique. Bien au contraire. le Marché est plus juste que la démocratie. Le Marché est plus juste que la volonté populaire. Le Marché passe avant la démocratie. Grand M, petit d.

Dans mon carnet figure une longue phrase obscure attribuée à Angela Merkel. Elle est datée du 1er septembre 2011, un après la promenade de Deauville, et quelques semaines avant le premier coup d’Etat en Grèce, et dont je n’ai jamais pu confirmer l’authenticité, mais qui résume terriblement cet état d’esprit :

Wir leben ja in einer Demokratie und das ist eine parlamentarische Demokratie und deshalb ist das Budgetrecht ein Kernrecht des Parlaments und insofern werden wir Wege finden, wie die parlamentarische Mitbestimmung so gestaltet wird, dass sie trotzdem auch marktkonform ist.

Certes nous vivons dans une démocratie, et c’est une démocratie parlementaire, et donc le budget est une prérogative du Parlement, dès lors nous devons trouver des moyens de rendre la participation parlementaire également aussi conforme au marché.

Alain Minc laissera lui aussi de nombreuses formules à la postérité, notamment celle-ci, qui date aussi de 1994 :

La démocratie n’est pas l’état naturel de la société. Le marché, oui.

Romaric Godin, à nouveau :

Pour les néolibéraux, cette volonté démocratique est nuisible. La démocratie doit donc faire place au marché dans certaines matières, parce que, comme ils le martèlent, le marché est juste.

Le marché est un outil pour assurer le bien commun, là où la démocratie s’en montre incapable. (…)

Il faut donc combattre les rentes, celles des entreprises, sans doute, mais surtout celles des « corporations » de travailleurs, les syndicats, et les statuts, qui s’appuient sur des avantages acquis, issus des luttes anciennes, d’équilibres sociaux et de compromis politiques. C’est la véritable « révolution » néolibérale : faire disparaître ces entraves qui empêchent la vérité du marché d’émerger et créent l’impossibilité du bonheur social.

Pour les néolibéraux, la justice réside dans l’égalité devant les possibilités qu’offre l’économie libre. Au final, ceux qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas méritent tous leur sort. Empêcher le marché de dire la vérité, c’est soutenir l’injustice.

Le rôle de l’État se réduit à donner la possibilité de se vendre sur un marché. Le social est un moyen a minima, ce n’est pas un but, ni un objet de lutte.

Voilà pourquoi ce pays glisse lentement, d’une guerre sociale déclarée depuis longtemps, vers une guerre civile de plus en plus ouverte.

En conclusion, une dernière citation, qui à ma connaissance est attribué à Mao Tsé-Toung, et qui par conséquent est peut-être mal traduite, ou que j’ai peut-être mal mémorisée :

Les nations sont comme les poissons, elles pourrissent par la tête.

En conclusion, je vous conseille de lire le livre de Romaric Godin, et ses articles sur Mediapart.

Le temps est venu.

Bonne année 2020 à toutes et à tous.

Cet article, publié dans néolibéralisme, Uncategorized, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Romaric Godin et le néolibéralisme dans les têtes

  1. paul dit :

    ello…
    ben, ça renforce un peu encore et encore pas mal de diagnostiques ayant été présentés dans le passé quant à la psychose chez ces « néolibéraux »…
    le problème, c’est que, un peu comme pour la citation quant aux nations qui seraient comme des poissons et pourrissent par la tête, outre la question récurrente de savoir quelles sont les limites de l’applicabilité d’une analogie, comme d’une métaphore (y’a cette question me semble-t-il dans MobyDick où un matelot compare le risque d’un mauvais élément dans un équipage à celui de la pomme pourrie dans le tonneau… et dans plein d’autres romans à vérités romanesques…) se pose aussi la question de ce genre de concepts, psychose, paranoïa, a-subjectivation de personnes s’identifiant de la sorte à une structure d’interprétation du monde, mais aussi concepts comme « nations » et de leur dynamique construction (bon, je me réfère souvent pour ce dernier thèmes aux théorisations issues des travaux de Moscovicci en psychologie sociale, la question des représentations sociales, deleur noyau… la membritude de l’ethnométhodologie aussi…)
    en fait, il y a l’applicabilité et la vérificabilité…
    mais pire encore : en face de « ça », en dehors de « lire » les travaux d’auteurs, chose que j’ai faite très jeune au lieu d’apprendre à m’intégrer dans une identité socio-sexuelle hein, et qui au final me plonge et m’enferme dans un pessimisme noir depuis 60ans,… bref, en face de tout ça, qu’est-ce qu’on « peut » faire ?
    dans ce « monde » psychotique de cette dernière forme du capitalisme, ce monde « a-subjectif », qui guette les colères personnelles se regroupant en tentatives de lui dire « stop », de sorte de se valoriser de sa force à massacrer, au sens propre, les corps et les discours, parce que ce qu’il valorise par la pratique de la violence matérielle, c’est la voleur radicale, une fierté, d’une force à dénier autrui, le « sujet »…
    il va jusqu’à me sembler que quand je réponds ainsi à par exemple votre article, c’est juste pour vous dire que ok, moi aussi je vois ça, je suis pas seul, vous n’êtes pas seul, mais on cherche, enfin, je, cherche déjà à dire des mots plus précis ou « justes » avant ma mort.

Tous les commentaires seront les bienvenus.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s