Le blues du demi-instruit

Souvent je me sens tout petit.

Je me sens un « demi-instruit ».

« Demi-instruit », c’est une expression glanée sur Twitter, il y a déjà quelques années, lue notamment sous la plume de René Chiche, professeur de philosophie, plutôt intéressant, quand il ne dérape pas trop — mais depuis le 13 mars 2020, que celui qui n’a pas dérapé jette la première pierre…

J’appelle demi-instruit quiconque croit connaître quoi que ce soit de Descartes en écoutant France Culture.
J’appelle cultivé celui qui relit pour la centième fois le Discours de la méthode en y trouvant sans cesse quelque chose de neuf.
Jadis, l’école cultivait.

Au-delà de cette définition cinglante, en date du 24 juin 2019, je peux proposer la mienne : individu ayant reçu une instruction certaine, mais certainement incomplète. Assez pour faire illusion ; pas assez pour comprendre vraiment. Assez pour sauver les apparences ; pas assez pour sauver le monde. On va développer.

Entre le bas et le haut

On va développer en regardant vers le haut.

Je ne souhaite pas dans ce billet discuter du bas. Il est tentant de se dire qu’il vaut-il mieux être « demi-instruit » que « pas instruit ». Il est tentant de se contenter de penser que, au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. C’est tentant, mais je n’y arrive pas. Passer pour une personne modérément cultivée ne m’a valu que des malheurs dans les milieux que j’ai été amené à traverser. J’ai appris très tôt, à mes dépens, à me taire, à dissimuler ce que je sais, ou ce que je crois savoir. J’ai appris assez tôt que des qualificatifs qui me semblaient flatteurs, tels que « intellectuel », peuvent être des insultes. Et symétriquement, je soupçonne que « ignorance is bliss », comme disait le traître dans « The Matrix » — « bliss » pouvant être traduit par juste bonheur, mais aussi par félicité ou même béatitude. Les ignorants ont souvent l’air heureux. Beati pauperes spiritu. Il vaudrait probablement mieux n’être pas du tout instruit, faute d’être vraiment instruit, plutôt que d’être demi-instruit. Mais ce n’est pas le sujet de ce billet.

Je ne souhaite pas non plus chercher à relativiser. Je sais bien que, plus on sait, moins on sait ; mais ce n’est au fond qu’une consolation. Je sais un peu, mais je sais peu. Je sais très peu. Je sais tellement peu que je me sens bien bas. C’est comme ça. Je suis bien bas.

Le sujet de ce billet, c’est discuter du haut. C’est regarder en haut. C’est décortiquer le blues d’un demi-instruit face aux pleinement instruits.

Admiration

En cet hiver 2021, c’est en lisant un autre blogueur anonyme, « Cincinnatus », que j’ai repensé au concept de « demi-instruit ». « Juste un blogueur » dira-t-on de lui, comme d’autres ? Certainement pas.

J’admire les écrits de Cincinnatus. J’apprends beaucoup. Je le rejoins sur certains points, je ne suis pas d’accord sur tout, surtout ces derniers temps, mais peu importe. Il parle souvent de sujets qui m’intéressent, et sur lesquels j’ai moi-même essayé décrire quelques mots. Mais il est tellement à un autre niveau que mes bidouilles !

Je pourrais citer d’autres exemples. Juste des blogs. Le blog de Aude. Le blog d’Olivier. Le blog de Marwen. Et tant d’autres, mais à quoi bon les lister ? Ce ne sont « que des blogueurs » dira-t-on d’eux aussi ? Non, ce sont des gens pleinement instruits. Ce ne sont pas des « demi-instruits ».

Pour simplifier, je les appelle les Cincinnati. C’est plus court que « pleinement instruits ». Et puis ça sonne bien, comme illuminati, dans un Etat proche de l’Ohio, tout mélanger je sais faire…

Regarder vers le haut, c’est regarder les Cincinnati.

J’admire les Cincinnati. Eux ils ne mélangent pas tout.

J’admire les Cincinnati. J’admire les gens vraiment instruits. J’admire les gens qui savent vraiment ce dont ils parlent. J’admire les gens qui sont capables d’éclairer, de relier, de donner de la profondeur, de mettre en relief. J’admire les gens qui ont cette merveilleuse combinaison de connaissances, et d’arts de les mettre en œuvre – en bon informaticien, je dirais : data and code – you need both.

C’est peut-être naïf, obsolète et ringard, mais je crois sincèrement que le monde a besoin de gens comme ça. Le monde a besoin de généralistes. Le monde a besoin de connaissances. Le monde a besoin de lumières. Le monde a besoin de Cincinnati.

Je suis de l’autre côté de la vitre. Je les admire. Je les envie.

Knowledge is strength

Je me sens tellement juste un demi-instruit. Je suis un minuscule demi-instruit. Je me sens tout petit, et je me sens dans l’obscurité. La principale différence entre un demi-instruit et un Cincinnati, la première différence, c’est peut-être bien l’éclairage. On en revient toujours aux Lumières, au fond.

Dans ce blog, comme dans ce qui me tient lieu de vie réelle, j’essaie péniblement de m’éclairer, et d’éclairer toutes sortes de sujets, qui portent des noms plus ou moins compliqués : disruption, transhumanisme, effondrement, fléaux, etc. Je sais bien que ça n’intéresse pas grand-monde, mais je m’y accroche quand même. Je tâtonne, je patauge, dans la demi-obscurité. C’est du travail d’amateur, c’est peut-être sympathique, mais ça ne va pas bien loin. Au fond, ça me renvoie juste à mon impuissance.

Là où je tente laborieusement d’éclairer avec une lampe-torche, ou juste la fonction « lampe-torche » de mon engin du diable, les Cincinnati déploient des projecteurs grand modèle, ceux qu’on trouverait dans une salle de spectacle, une batterie anti-aérienne, ou un phare sur un cap breton.

Là où je ne peux envoyer que quelques watts (je sais, ce n’est pas la bonne unité de mesure), les Cincinnati envoient des kilowatts. Et de la couleur. Et du contraste.

Il me manque tant d’outils. Data and code. Des connaissances et des concepts. De la profondeur et de la perspective. Mes notions d’histoire, de géographie et de philosophie, au fond, se sont arrêtées au niveau de ma classe de terminale, de l’année de mon baccalauréat, il y a plus de trente ans. Depuis, j’ai lu des articles, j’ai lu des résumés, j’ai lu des textes, plus récemment j’ai écouté des podcasts (dont certains de France Culture, n’en déplaise à René Chiche), j’ai lu des blogs, j’ai lu des tweets. Des grosses miettes, des moyennes miettes, des petites miettes. De la poussière, faute de mieux.

Les Cincinnati, eux, savent distinguer, par exemple, religions, cultes, sectes, théories, idéologies, utopies, dystopies – moi je mélange tout. Ils savent parler d’universel sans se perdre – moi je me perds dans l’universel. Ils savent parler d’identité – moi je n’en peux juste plus de l’identité. Ils savent réfuter le transhumanisme – moi je me contente de le craindre. J’ai essayé, j’essaie, j’essaierai encore, mais je sais bien, je sens bien, que, en fait, très vite, toujours, je mélange tout. Je franchis toutes sortes de lignes invisibles sans m’en apercevoir – en football, ça s’appelle un hors-jeu. Je bricole. Je tâtonne. Je patauge. La poussière, avec un peu d’eau, ça fait de la boue. Beaucoup de poussières, ça fait beaucoup de boue.

Die Grenzen meines Geistes

Il me manque tant de disciplines. Je n’ai aucune notion de droit, de sciences humaines, de sciences sociales, de droit international, d’anthropologie, de géopolitique, de sociologie, et bien d’autres – toutes sortes de matières où je ne peux qu’admirer les Cincinnati. Je n’ai jamais lu Le Discours de la Méthode.

Il me manque tant de mots. Je ne comprends que le français et le globish (vilain mot qui signifie : « l’anglais de merde qu’on parle dans les entreprises »). Il ne me reste pas grand-chose en allemand. Je rêve d’apprendre le russe, l’italien, le latin ou le yiddish. Ce ne sont que des rêves. Il ne me reste, en matière de langues étrangères, comme en d’autres matières, que quelques citations. Des miettes, toujours des miettes.

Umberto Eco :

La lingua dell’Europa è la traduzione.
La langue de l’Europe, c’est la traduction.

Ludwig Wittgenstein :

Die Grenzen meiner Sprache bedeuten die Grenzen meiner Welt.
Les frontières de mon langage forment les frontières de mon monde.

Il me manque tant de sources. Les Cincinnati évoquent couramment tellement d’auteurs dont je ne connais guère que le nom, parfois la nationalité et les contextes, parfois des bribes de résumés – des miettes, encore des miettes. Je peux lâcher des noms (du « name-dropping », comme on dit maintenant), mais guère plus. Friedrich Nietzsche, Hannah Arendt, Evgeny Morozov, les Cincinnati, eux, ils les ont lus.

Even mud gives the illusion of depth

Bref, ma culture est superficielle. Beaucoup de vernis, et le pire c’est que ça ne se voit pas tant que ça. Mais, si je suis lucide et honnête, je ne peux que constater qu’elle est dérisoire.

Le mot qui la qualifie le mieux est anglais : « shallow », c’est-à-dire « peu profond ».

La citation qui la décrit le mieux est canadienne, sauf erreur, c’est une formule de Marshall Mac Luhan :

Even mud gives the illusion of depth.
Même la boue donne l’illusion de la profondeur.

Dans certains domaines, ma culture est juste inexistante. Et dans des domaines où elle existe, elle est juste superficielle. Typiquement ma culture historique, celle dont je me laisse hélas parfois aller à être un peu fier. Il suffit que j’ouvre un vrai livre d’historien pour m’en rendre compte. Il suffit que je réfléchisse à ce que je sais vraiment d’un sujet précis, une période ou un pays, que j’essaie de concentrer mon regard sur un point précis, et je sens mon regard qui fuit. Le strabisme trahit l’ignare.

Le peu que je connais de la Rome antique, par exemple, vient d’Astérix (version Goscinny). Et un peu d’Alix (encore une bande dessinée, horresco referens). Et un peu d’un livre d’histoire co-écrit par le normalien mari d’une collègue, qui m’a servi de livre de chevet pendant mon été au Prozac, et quelques saisons suivantes.

Il y a quelques mois, un plan touristique du centre de Rome retrouvé dans un tiroir est devenu le poster improvisé qui décore la pièce mal éclairée où je télé-travaille seul depuis le 11 mars 2020. C’est un plan de 2019. Je le regarde souvent, quand je lève les yeux de mon écran. J’ai eu la chance de me promener à Rome en 2019. C’était bien, 2019. Mais ce plan de Rome dit ce que je suis : un touriste. Pas tout à fait ignare, mais presque. Un « demi-instruit ». Un touriste. Bien nourri et bien abruti. Insignifiant et dérisoire.

Comment je suis devenu un demi-instruit

J’aurais probablement pu devenir « vraiment instruit ». Jusqu’au baccalauréat, j’étais sur la bonne voie. J’ai réalisé trop tard que je n’y étais plus. Je sais exactement où et quand.

Je n’ai pas été heureux, dans le Grand Lycée, pendant mon premier trimestre de classes préparatoires « scientifiques » supposées m’emmener vers une « Grande École ». Je me rappelle avoir réalisé douloureusement ce trimestre, semaine après semaine, à quel point me manquaient la philosophie (juste une année ? à quoi bon ?), et surtout l’histoire-géographie. Je me rappelle avoir songé que, au fond, les seules heures vaguement intéressantes, c’était les deux heures d’anglais et les deux heures de français. Mais bon, fallait être « réaliste », l’histoire, la géographie, la philosophie, le français, ça ne sert à rien, ça ne mène nulle part, « faut penser à ton avenir » !

Pendant ce temps, l’Histoire était en mouvement. La République Fédérale d’Allemagne absorbait six Länder et demi cet automne-là. Un demi-million de soldats étaient déployés dans le désert d’Arabie pour exécuter l’hiver suivant la doctrine Airland Battle initialement prévue entre le Rhin et la Vistule. L’Union Soviétique cesserait d’exister l’année suivante. Et moi, pendant ce temps-là… Bolzano-Weierstrass vaincra, n’est-ce pas ?

Quant à la suite… Une Grande École n’instruit pas beaucoup. Une Grande École mène à tout à condition de savoir en sortir comme il faut. Certains camarades de promotion ont su évoluer, comme on dit, à Paris, à Frankfurt-am-Main, à Bruxelles, à Londres, à Houston, et ailleurs. Moi pas. Petit-bourgeois provincial relégué en banlieue parisienne, point barre. Ingénieur informaticien, point barre. Autant dire : Rien. Rien du tout. C’est compliqué. Mais c’est comme ça. La Grande École m’a laissé demi-instruit, et puis les hasards de mon « parcours de vie », professionnel et personnel, la lâcheté aussi, ont dévoré le temps et les possibilités que j’aurais pu avoir de compléter mon instruction, et de bifurquer.

C’est la vie. Il fallait bien que je fasse le boulot pour lequel j’étais payé. Il fallait bien que quelqu’un s’occupe de la famille. Les tâches ménagères ne sont pas sans noblesse. Le temps, c’est ce qui manque le plus. Il faudrait avoir eu le temps. Il faudrait prendre le temps. Mais c’est pas ma vie. Ma vie, c’est : travail, famille, pas le temps.

C’est comme ça.

Don’t be evil

Bref, quand je vois passer cette expression, « demi-instruit », je me dis que ça parle de moi. Et j’ai un peu honte.

Et quand je vois passer des Cincinnati, je me dis que c’est ce que je ne suis pas. Et je les admire, et je les envie.

Le fait est que, dans les propos de René Chiche et d’autres, « demi-instruit » n’est pas un compliment. C’est même assez facilement une insulte.

Le fait est qu’il y a beaucoup de demi-instruits nuisibles.

Le principal problème du demi-instruit, c’est qu’il peut de manière assez convaincante professer des choses très aberrantes. Sans même s’en rendre compte. Il peut donc aller loin dans de dangereuses directions. Avec assurance et aplomb. Le régime Macron, typiquement, semble truffé de « demi-instruits », issus de toutes sortes de Grandes Écoles. Le produit Macron, notre épidémiologiste en chef, si beau, si brillant, si intelligent, c’est un beau profil de « demi-instruit ». Ceux qui ravagent ce pays, ce sont des « demi-instruits » — ce sont mes semblables !

Alors si je veux nuancer, je suggérerai que c’est le demi-instruit ambitieux qui est dangereux.

En cherchant un peu, j’ai retrouvé dans mon carnet une sentence de Pierre Bourdieu, datée du 14 novembre 1991, sur les « demi-savants » qui déjà à l’époque commençaient à polluer les débats publics :

Car qui parle [dans les médias] ? Ce sont des sous-philosophes qui ont pour toute compétence de vagues lectures de vagues textes, des gens comme Alain Finkielkraut. J’appelle ça les pauvres Blancs de la culture. Ce sont des demi-savants pas très cultivés qui se font les défenseurs d’une culture qu’ils n’ont pas, pour marquer la différence d’avec ceux qui l’ont encore moins qu’eux. […] Actuellement, un des grands obstacles à la connaissance du monde social, ce sont eux. Ils participent à la construction de fantasmes sociaux qui font écran entre une société et sa propre vérité.

Triste époque où Alain Finkielkraut a été reçu à l’Académie Française, couvert d’honneurs, en présence du petit Premier Ministre d’alors, qui quelques jours auparavant avait livré le fond de sa pensée complexe à lui :

Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser.

Triste époque.

J’ai de la chance : je n’ai pas d’ambition pour moi-même.

Mon frère me répète souvent cette sentence de Chateaubriand :

L’ambition dont on n’a pas les talents est un crime.

Peut-être que, pour une fois, ce qui me sauvera, c’est mon manque d’ambition. Ça m’empêchera d’être un demi-instruit nuisible. Pas d’ambition, peu de talents : ce n’est pas un crime. C’est déjà ça.

On se console comme on peut.

Je vais continuer à patauger quand même.

Comme tout le monde, non par illumination, mais faute de mieux.

Bonne nuit.

Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

8 commentaires pour Le blues du demi-instruit

  1. chapelot dit :

    Oui mais vous écrivez super bien et donnez des éléments précieux sur la vérité des êtres dénués de coquetterie et ça, beaucoup de cincinnati ne peuvent en dire autant. Il est rare, qu’en tant que demi-instruit moi-même mais adepte du style, je dévore des articles de blog (généralement j’arrête en route, il y a toujours un truc qui m’agace et me fait lâcher l’affaire). Mais les votres (j’ai découvert votre blog il y a peu, notamment via le billet sur l’asymptote du dépressif dans lequel je me suis mais alors complètement retrouvé), je les engloutis compulsivement. Bref, tout n’est pas dans la connaissance aprofondie des choses. Les Pic de la Mirandole, j’ai tendance à m’en méfier, et pas mal d’articles sont souvent des gloses batis à partir de quelques sources livresques exploitées jusqu’à l’os.

  2. Cincinnatus dit :

    Cher ami,

    je reçois avec une certaine gêne vos louanges et avec un agacement certain vos autodépréciations.

    Certes, je suis flatté et vous remercie sincèrement, du fond du cœur, pour votre lecture régulière de mes billets (et quand nous ne sommes pas d’accord, c’est encore mieux, encore plus amusant, encore plus stimulant). Je ne crois pourtant pas mériter tant d’admiration, pour reprendre l’un de vos titres. Au contraire ! En vous lisant, je me trouve étranger à cette description, ayant moi-même le sentiment de bricoler, de bidouiller à partir de réflexions, de lectures, de références auxquelles il manque toujours quelque chose. Pire : comme vous, je pense, je me sens le plus souvent imposteur au moment de publier (peut-être vous reconnaîtrez-vous dans cet ancien billet sur le sujet ? Votre avis m’intéresse : https://cincivox.fr/2017/03/06/ce-douloureux-sentiment-dimposture/).

    Par ailleurs, mon semblable, mon frère, vous n’avez pas rougir de votre œuvre, au contraire ! Votre blog en général et ce billet-ci en particulier démontrent une capacité à observer, penser et décrire, qui vous éloigne infiniment de cette définition des « demi-instruits ». Ce qui les caractérise, eux ? La cuistrerie ! Dont vous n’avez pas une once ! Votre impression d’incompétence vous immunise totalement. Puisque vous parlez de hauteur, vous tendez le doigt vers le ciel pendant qu’ils s’amusent dans leur fange. Vous doutez : grand bien vous fasse ! C’est une preuve de bonne santé intellectuelle. Alors, faites-moi l’amitié, je vous prie, de cesser là l’autoflagellation – aussi sincère la sais-je – et concentrez-vous sur ce que vous savez bien mieux faire que vous ne l’imaginez : réfléchissez et livrez-nous-en les produits jamais finis mais d’autant plus intéressants.

    Avec toute ma sincère amitié bloguesque, d’un « cincinnati » à un autre,
    Cincinnatus

    • Merci pour votre longue réponse. Cela fait plusieurs semaines maintenant que je réflechis à comment faire une réponse du même niveau. Malheureusement les mots ne viennent pas, alors je préfère une réponse courte plutôt qu’une absence de réponse. On ne sait jamais de quoi demain sera fait.

      La haine de soi est un poison, un poison lent. C’est un poison qui dans mon cas n’a jamais fini de se diffuser, et son débit s’est beaucoup accéléré depuis quelques mois ou quelques trimestres. Il prend différents aspects. Je ne sais pas comment m’en débarrasser. J’aimerai bien ne plus « vivre avec », mais en attendant je devrais peut-être juste essayer de juste le canaliser. Il a complètement débordé sur ce billet et sur bien d’autres choses.

      La haine de soi, le sentiment d’imposture, et quelques autres phénomènes du même ordre me sont terriblement familiers. Encore une fois : « vivre avec », « faute de mieux »… J’ai bien aimé votre billet sur le sentiment d’imposture, j’y retournerai quand je trouverai les mots.

      La nuit finira.

      Bonne soirée,
      — PK etc

  3. smolski dit :

    L’instruction est une semence dispersée sur une terre plus ou moins fertile selon des circonstances préalables qui nous échappent. Qu’importe ce qui s’y récolte, tant qu’on est vivant on reste cultivable !

    Amicalement, Joel 🙂

    • Merci Joël.
      Il faut aller chercher dans le vivant les meilleures métaphores.
      Je réfléchis parfois à comparer mon bac à compost et le datacenter qui occupe une partie de mes heures de travail professionnel…

  4. Aude dit :

    Merci beaucoup, même si moi aussi je ne connais Descartes que des émissions de France Culture ! Je pense comme toi que le monde a besoin de généralistes mais je suis en admiration devant les spécialistes, ce qui n’est pas très cohérent… On a tou·tes nos complexes, il faut vraiment être très bête pour être content·es de soi !

    • « La bêtise consiste à vouloir conclure. » (Flaubert)
      « La rage de vouloir conclure est une des manies les plus funestes et les plus stériles qui appartiennent à l’humanité. Chaque religion et chaque philosophie a prétendu avoir Dieu à elle, toiser l’infini et connaître la recette du bonheur. Quel orgueil et quel néant ! Je vois, au contraire, que les plus grands génies et les plus grandes œuvres n’ont jamais conclu. » (Flaubert aussi — il faudra quand même qu’un jour je lise ‘Bouvard et Pécuchet’)
      Ce qui compte c’est la trajectoire, c’est le mouvement, c’est l’effort. Ce n’est pas la stature. Ca doit être ça la clef. Ne pas se contenter d’être où on est. Avancer. Avec ce qu’on a, comme on peut, mais ne jamais se contenter.
      https://prototypekblog.wordpress.com/2017/03/20/la-vague-de-lhistoire/

Tous les commentaires seront les bienvenus.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s