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Fin août.

Fin août 2017, une fin août comme les autres en fait.

Pour ceux qui sont partis en vacances, c’est déjà la reprise. Pour ceux qui ont des enfants, c’est bientôt la rentrée scolaire. J’ai la chance d’être dans les deux catégories ; j’ai repris il y a quelques semaines, ma fille retourne à l’école à partir du lundi 4 septembre 2017.

Les journées raccourcissent. Dans un mois ce sera l’équinoxe d’automne. D’ici quelques semaines, les vagues de chaleur cesseront, les vagues de pollens auront été dispersées, il n’y aura plus que des vagues de pollution.

La plupart des collègues sont rentrés. Les transports en commun reprennent leurs cadences et leurs densités ordinaires. Il y a à nouveau partout la cohue. Il n’y a plus que des semaines de cinq jours. Il va bientôt y avoir les horaires des écoles à intégrer. Il faut reprendre. Il faut rentrer. Il faut recommencer. Il faut reprendre le rythme. C’est comme ça.

Suivant le point de vue, un an de plus, ou un an de moins.

Toutes les années c’est pareil.

Je reprends ce blog.

Depuis que j’écris ce blog, il y a toujours un billet comme celui-ci, le billet de fin août, le billet de la reprise.

2013 : La rentrée comme commencement

2014 : Pas envie

2015 : Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose

2016 : La douceur d’un été

Et ça continue, encore et encore. Mon seul projet, c’est continuer. Mes amours c’est inventées. La vie est une prison.

Je vais continuer. Je vais reprendre. À mon échelle. À ma manière.

En étant un peu plus conscient que l’année dernière, comme chaque année, de mes limites, de mes impasses, de mes insuffisances. Chaque année de plus est une année de moins. La fin approche. Et les limites sont de plus en plus flagrantes. Vieillir, c’est ne plus avoir le temps.

J’ai lu quelques livres cet été. Il faudrait que je fasse des compte-rendus de certains de ces livres sur ce blog.

J’ai lu cet été un très joli et très court billet d’Agnès Maillard, avec une phrase que je n’arrive plus à enlever de ma tête :

J’ai toujours autant de mal avec ma propre finitude.

J’ai lu cet été un long article de Marie-France Hirigoyen, une belle méditation sur la pression sociale contemporaine, avec quelques phrases lucides que je viens de relire :

Dans un monde de performance qui nous exhorte à être toujours « au top », il n’est pas évident d’accepter ses limites et de se dire que l’on n’est qu’un individu moyen comme les autres, avec ses qualités et ses défauts.

Alors je vais continuer. Je vais continuer ma famille, mon travail, ma vie ordinaire. Je vais continuer ce blog.

Comme tout le monde, non par illumination, mais faute de mieux.

Je vais continuer à essayer d’écrire, de préférence des choses que je n’ai pas encore écrites, qui peuvent avoir un intérêt, qui pourront un jour peut-être intéresser quelqu’un.

J’ai du mal avec ma finitude. Je sais que je n’écrirai probablement jamais de livre, ni essai, ni roman, ni nouvelle, ni rien. Je ne produirai jamais rien de majeur, de durable, de marquant. Je n’ai pas grand’chose à apporter à l’humanité, à la postérité et à toutes ces sortes de choses.

Je sais
Que tu sais
Qu’on n’ira sûrement jamais,
Que les vagues, les landes,
C’est des lampions, des guirlandes,
Qu’on reste toujours
Vissé à quelque chose de lourd.

J’arrive au moins à écrire des billets de blog. C’est déjà ça. C’est toujours mieux que des tweets. J’écris trop de tweets. Twitter est une drogue.

Une correspondante sur Twitter m’a soufflé une idée, avant de s’évader : pourquoi attendre ? Pourquoi ne pas essayer ? Je sais que je n’écrirai jamais d’uchronies sous forme de roman. C’est hors de ma portée. Pas le temps, pas le talent, pas le cran. Je serai déjà bien heureux le jour où, par exemple, je me déciderai enfin à lire « The Days of Rice and Salt » de Kim Stanley Robinson, et quelques autres dont les titres traînent dans une liste, dans un coin de mon iPhone.

Umberto Eco a dit, dans un interview au Spiegel en 2009 :

We like lists because we don’t want to die.

Bref, je vais essayer dans les prochaines semaines, entre autres, de mettre en forme sur ce blog des petites uchronies. J’ai déjà une petite liste de « points de divergence », et un ou deux brouillons. Ca ne sera que des ébauches. Ca sera bref, inachevé, mais peu importe. Ca devrait être à ma portée. Je dois accepter ma finitude. Je vais essayer. Ca sera juste des billets de blog.

C’est toujours mieux que des tweets.

Bonne nuit.

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