Pistes de lecture

Petite compilation de textes lus ces derniers jours.

Je pense que je ferai périodiquement de tels billets. Une rubrique « worth reading », en quelque sorte.

  • Avec ou sans commentaires.

Jean-Claude Guillebaud, dans Sud Ouest (Bordeaux), 30 décembre 2012

Obsédés par les classes moyennes et les bobos, les socialistes en vinrent à oublier qu’il existait encore en France près de 6 millions d’ouvriers et que ceux-ci avaient déjà intériorisé un fort sentiment d’abandon. Aux ouvriers stricto sensu, ajoutons une partie des classes moyennes et un nombre croissant de « précaires ». Cela fait beaucoup d’hommes et de femmes effectivement lâchés en rase campagne, face aux mitrailles de la finance.
Écoutez bien : ils crient au secours !

  • Que dire de plus ? En 1995, le discours de Jacques Chirac était « Il y a, dans ce pays, une fracture. ». Aujourd’hui, on pourrait dire qu’il y a, dans cette fracture, un pays.

Sebastian Mallaby, dans The Financial Times (Londres), 18 décembre 2012

In moving the focus from the size of the Fed’s balance sheet to its objectives for the economy, he has explained that these objectives include lower unemployment even if that means temporarily higher inflation. (…) the Fed confronts an economy in which 5m Americans have been jobless for six months or more. The risks of inaction outweigh the risks of action. Mr Bernanke has rebelled against a monetary consensus to which he himself contributed. But he is a rebel with a cause.

  • Quel est l’objectif principal d’une banque centrale ? Veiller à conserver la valeur de la monnaie — donc lutter contre l’inflation ? Ou ne doit-elle pas s’intéresser à la croissance et la création d’emploi ? A quoi sert une banque centrale ? Qui sert une banque centrale ?

Colm Tóibín (traduit par Jean-Baptiste Bor), dans Dagens Nyheter (Stockholm), 18 décembre 2012

Pendant ce temps, l’Allemagne et d’autres pays riches s’expriment comme s’ils étaient la source de toute sagesse en Europe, et, ce qui est plus grave peut-être, comme la source de toute autorité. Mise à rude épreuve, l’idée d’une Union européenne a fait long feu. Ne subsistent plus désormais que des Etats nations veillant sur leurs propres intérêts. Le beau rêve a vécu. L’Europe est éveillée.

  • La manière dont Angela Merkel écrase l’Europe de ses jugements de valeur me stupéfie. Son discours sort du registre politique, économique et social. Elle fait la morale, elle fait des sermons, elle impose sa vérité, elle veut punir les hérétiques. Elle se détermine en fonction de clichés ethniques (les Grecs, tous des voleurs, les Espagnols, tous des feignants, etc), teintés de préjugés religieux (ces Catholiques, tous des menteurs). Il faut pourtant se faire à l’idée que l’économie n’est pas morale, au sens où, on ne fait pas une bonne politique économique avec des leçons de morale.

Karel Meyrand, dans Le Devoir (Montréal), 4 décembre 2012

Les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de plus de 45 % depuis 1990 au lieu de diminuer. (…) Cet échec est celui de nos institutions politiques. Les bénéfices de la production du pétrole, du gaz et du charbon sont concentrés dans les mains de quelques entreprises et de leurs actionnaires. Mais les conséquences des changements climatiques sont diffuses dans le temps et dans l’espace. En d’autres termes, ceux qui profitent de l’inaction sont peu nombreux, bénéficient de ressources financières quasi illimitées, et ont mis à profit des milliers de relationnistes et de lobbyistes dans une campagne mondiale visant à contrer une action décisive sur le climat.

  • Sans commentaire.

Jean-Louis Bourlanges, dans Le Nouvel Observateur, 6 septembre 2012

Économiquement, le problème tient à l’excédent structurel des pays de l’Europe du Nord et au déficit endémique de ceux du Sud. Il y a trois façons de résoudre la contradiction : des transferts budgétaires auxquels répugnent les opinions publiques de l’Europe septentrionale ; une mutualisation des dettes que le gouvernement fédéral continue d’exclure ; le réinvestissement des excédents dans l’Europe du Sud. Tant que nous n’aurons pas fait ces choix, la zone euro sera à la peine.

  • Sans commentaire. Anéfé. J’aurais aimé avoir un professeur comme Jean-Louis Bourlanges.

Bonne nuit.

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